Abus chez les aînés : la peur de dénoncer

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Josianne Desjardins
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Peur que son enfant aille en prison, peur d'être placé en résidence, peur de se retrouver encore plus seul. Les personnes âgées victimes d'abus d'un proche craignent le pire lorsqu'il est question de dénoncer leur sort.

(photo: Isabelle Bergeron)

Ce sont là des raisons pour lesquelles l'agente socio-communautaire du Poste de quartier (PDQ) 46, Josée Laganière, parle d'un « chiffre noir » concernant les cas de dénonciation rapportés aux autorités.

« On est dans le tabou. La personne âgée ne veut pas que son fils ou sa fille se retrouve en prison ou arrête de l'aider. En dénonçant de la fraude, par exemple, elle ne veut pas que ce soit associé à une perte de mémoire ou d'autonomie », explique l'agente qui est impliquée dans la concertation Aînés du Regroupement des organismes et des citoyens humanitaires d'Anjou (ROCHA).

Celle-ci constate que les abus qui surviennent le plus fréquemment sont d'ordre financier. Sophie Vézina, travailleuse sociale au CLSC Mercier-Est—Anjou, précise que ce type d'abus survient surtout lorsqu'il y a des décisions financières importantes à prendre dans la famille (immobilier, testament, héritage etc.).

La plupart du temps, selon Mme Laganière, c'est un proche de la famille ou un voisin qui va signaler des incidents à la police. Mais si la personne aînée en situation d'abus est jugée autonome, c'est à elle que devrait revenir la responsabilité de porter plainte, souligne-t-elle.

Afin de prévenir des situations d'abus auprès de personnes âgées, il se peut que la police accompagne une infirmière ou travailleuse sociale du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) pour qu'elles puissent faire leur travail à domicile.

Services à domicile: une solution

Lorsqu'il y a soupçon d'abus, l'équipe du CSSS tente d'évaluer l'autonomie de la personne âgée et voit s'ils peuvent lui offrir un service à domicile, comme de l'aide pour bien manger ou pour prendre le bain.

Elle peut être réticente à recevoir les services à domicile du CSSS de la Pointe-de-l'île si elle se trouve dans une position de vulnérabilité, explique Mme Vézina du CLSC Mercier-Est—Anjou.

« On doit bien leur expliquer notre rôle pour qu'elle se sente moins craintive et ait envie de se confier à nous. Ce qui est le plus dur pour la personne âgée, c'est de faire le premier pas », considère-t-elle.

« Souvent, c'est comme ça qu'on arrive à faire des liens avec ces personnes et briser leur isolement », spécifie Mme Vézina.

Si la personne est jugée autonome, les intervenants peuvent encourager la personne à porter plainte à la police, soutient Caroline Deschamps, chef d'administration du programme de service à domicile du CLSC Mercier-Est—Anjou.

S'il s'agit d'un cas d'abus majeur ou que la personne âgée n'est pas automne, le CSSS peut demander un ordre de la cour ou procéder à une intervention avec Urgence Psychosociale-Justice (UPS-J). Cet organisme peut orienter la personne vers les ressources appropriées tout en évitant la judiciarisation.

« Le but n'est pas la judiciarisation, mais parfois, ça peut être la seule porte de sortie », tient toutefois à rappeler l'agente socio-communautaire Josée Laganière.

Toute personne âgée qui croit être victime d'abus ou de maltraitance peut contacter la Ligne Aide Abus Aînés au 1-888-489-ABUS (2287)

Lieux géographiques: Anjou

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