Le Collectif en environnement Mercier-Est demande à la Ville de répartir équitablement les usines projetées en tenant compte des équipements déjà existants. Il souhaite également que les citoyens soient au coeur des décisions. Il demande la tenue, dans les plus brefs délais, de consultations publiques dont le mandat serait confié à l'Office de consultation publique de Montréal.
« L'est de Montréal ne doit recevoir que sa juste part. Tout en souscrivant à la décision de valoriser les matières organiques, ce qui permettra de détourner des sites d'enfouissement une quantité importante de nos matières résiduelles, nous estimons que cette responsabilité doit incomber à l'ensemble de la communauté montréalaise », estime l'organisme.
L'est de Montréal accueille déjà des installations de traitement des matières résiduelles. Le poste de transbordement EBI, actuellement localisé rue Lakefield et d'une capacité d'environ 39 000 tonnes par an, a obtenu en octobre 2009 un certificat d'autorisation pour l'implantation sur la rue Marien, dans la Ville de Montréal-Est, d'un centre de tri d'une capacité de 1 000 000 de tonnes par an.
La carrière Demix, située sur la pointe est de l'Île de Montréal, reçoit les cendres provenant de l'incinération des boues de la Station d'épuration des eaux usées.
En décembre 2009, RCI Technologie a annoncé un projet de biométhanisation en partenariat avec Hydro-Québec. Cette usine, d'une capacité annuelle de plus de 100 000 tonnes, sera située dans l'arrondissement d'Anjou.
L'agglomération montréalaise projette d'implanter dans le « secteur est » un centre de digestion anaérobie, d'une capacité de 50 000 tonnes, ainsi qu'un centre pilote de prétraitement.
« Quelque 200 camions par semaine s'ajouteront au flot actuel qui transitent dans les rues de l'est de l'Île de Montréal. Cette augmentation ne tient pas compte de l'implantation prochaine à Montréal-Est du centre de tri, de récupération et de transbordement des matières résiduelles. Quels seront les impacts de ces nouvelles installations sur la qualité de vie de la population environnante ? Qu'en est-il de l'équité territoriale lorsque l'on sait qu'un nouveau centre de transbordement était pourtant prévu dans l'ouest de l'Île ? », se demandent les membre du collectif.
Ceux-ci sont inquiets. Plusieurs aspects demeurent inconnus, notamment l'augmentation éventuelle de la capacité de traitement des installations et la localisation d'un centre de traitement des résidus ultimes.
La gestion de ces équipements soulève aussi des questions. Qui en sera responsable ? Pour alimenter et rentabiliser ces installations, devra-t-on sacrifier l'objectif principal du Plan de gestion des matières résiduelles, à savoir la réduction à la source ?
Le Collectif en environnement Mercier-Est est d'avis qu'il faut répondre à ces questions et à de nombreuses autres avant de finaliser tout plan d'implantation d'usines sur le territoire montréalais.
