Qui l’eût cru? Les gens ont plus voté à l’émission Loft Story que lors des élections québécoises de 2008!
Serait-il le fruit d’un cynisme politique, d’un essoufflement de la population et de la démocratie, la cause des conditions climatiques, le moment inopportun pour déclencher de telles élections? (…) Une chose est certaine, un taux de participation prés de 57 % devrait nous faire rougir. Que se passe-t-il? Et, comment expliquer la performance du PQ, le déclin de l’ADQ et la légère majorité du PLQ?
Commençons par l’ADQ. Un parti qui s’est bien lancé en 2007 et qui a connu une chute vertigineuse en 2008. Le peuple et les médias ont un pouvoir fort lorsqu’ils se prononcent. Ce sont les médias et la population qui créent, octroient et enlèvent le leadership à tout individu et à chaque parti politique quand ils le décident. Serait-ce la faute à Mario Dumont? L’inadéquation de certaines actions de ce parti qui ont fait en sorte que la population ait perdu confiance? Les conséquences de l’après-foudre du débat sur les accommodements raisonnables? (…) Bref, c'est un parti sans chef, sans plumes et qui est obligé de revoir sa stratégie de A à Z pour survivre.
Revenons au PQ. Nul ne peut contester la performance de Pauline Marois. Elle a démontré qu’elle a la potentiel d’une première ministre capable de gérer et de gouverner le Québec. Par ailleurs, un bon nombre de journalistes ont toujours répété qu’un taux de participation faible favoriserait le PLQ plutôt que le PQ. Or, pendant cette élection, c’est parfaitement le contraire qui s’est produit! Un taux de participation frôlant les 57 %, jugé comme un des plus faibles taux depuis 1927, a favorisé davantage le PQ que le PLQ.
On pourrait objectivement penser à deux scénarios possibles : le premier est que ceux qui ont voté pour l’ADQ en 2007 par contestation se sont ralliés au PQ et à Mme Marois, alors qu’un bon effectif s’est rangé derrière les libéraux du Québec. Le deuxième est une combinaison d’un vote massif des francophones de souche qui ont appuyé le PQ et d’un boycottage du vote de la part d’un bon effectif d’immigrants ayant le droit de voter, et ce, pour bouder l’immobilisme de certains partis politiques et décrier le taux de chômage, la discrimination, la précarité des conditions de vie, etc. Cette combinaison, à mon humble avis, explique très bien la montée fulgurante du PQ et la légère majorité des libéraux. Bien évidemment, ce comportement imprévu et discret de la part des immigrants aurait échappé à certains analystes et journalistes, me semble-t-il.
- Kamal El-Batal