« J'appelle le quartier " la banlieue pas de pont ". C'est un peu plate ici, avoue Stéphane Hardy qui est revenu au bercail pour élever sa famille après être allé faire ses études pour devenir géologue. C'est là que l'idée s'est mise à germer. Comme j'aime le cinéma d'auteur et de répertoire, je dois me déplacer au cinéma Beaubien ou au cinéma du Parc... Alors, je me suis dit, pourquoi pas encourager un cinéma dans mon propre quartier! »
M. Hardy travaillait le projet en catimini depuis un an quand, à force d'échanger avec des voisins, il s'est fait des alliés. « Ils m'ont dit: c'est une fichue de bonne idée. On embarque! » Ingénieur, graphiste, historien, musicien, photographe... ils sont désormais sept à mettre l'épaule à la roue. Un groupe soudé qui forme le conseil d'administration provisoire de la Corporation du Cinéma Station Vu depuis septembre, et dont l'assemblée de fondation avait lieu le 8 février.
Au-delà du cinéma
Le projet de la Corporation du Cinéma Station Vu vise, entre autres objectifs: l'augmentation de l'offre d'activités culturelles pour les résidents de Mercier; l'attraction des cinéphiles du quartier et des environs; la promotion des cinéastes émergents, particulièrement ceux engagés dans la production d'œuvres originales, singulières ou avant-gardistes, et pourquoi pas aussi des soirées ciné-club, des matinées pour enfants, ou encore du cinéma muet avec pianiste?
Plus qu'un simple cinéma de quartier, le projet se veut un lieu rassembleur s'articulant autour d'un cinéma indépendant et actuel. En plus d'être un projet novateur qui revitaliserait le quartier, celui-ci pourrait s'avérer un pôle culturel important pour la collectivité de l'est de Montréal, surtout, tout en créant plusieurs emplois.
Pour les besoins de démarrage, la Corporation a obtenu récemment une première subvention de 10 000 $ du Fonds d'investissement en économie sociale (FIES) de la Corporation de développement de l'Est (CDEST). Ces fonds servent à financer une étude de faisabilité présentement en cours dont les résultats seront disponibles en mars. M. Hardy admet d'ailleurs avoir reçu l'appui officiel de quelques élus pour aller de l'avant avec le projet.
« On se donne jusqu'au mois de décembre prochain pour aller chercher du financement. Notre objectif c'est de commencer la construction dès janvier 2013 et être opérationnels dès l'automne », termine-t-il.
