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Harper aurait dû se la fermer.



Harper aurait dû se la fermer.

Harper aurait dû se la fermer.

Richard Cléroux
Publié le 27 Septembre 2008
Publié le 15 Avril 2010
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Généralement le Premier ministre Stephen Harper est toujours bien préparé, bien en contrôle et pèse ses paroles avant d’ouvrir la bouche.

Sujets :
Groupe des personnes , Centre national des Arts à Ottawa , Bloc québécois , Saskatoon , Québec , Canada

Par exemple, il ne dira jamais que ‘le Québec est une nation’ s’il veut dire que ‘les Québécois sont une nation.’ Il sait faire la différence.

Mais mardi dernier à Saskatoon, devant des journalistes de langue anglaise, Harper s’est oublié. Carrément.

Harper a fait une sortie en règle contre les artistes et leurs galas.

S’en prendre à des pauvres artistes paumés qui vivent de la dîme publique, c’est déjà quelque peu habile, même si l’intention est d’aller chercher des votes de ceux qui n’aiment pas les arts. Mais s’en prendre à ceux et celles qui ont de l’argent et qui assistent à un gala soit pour accepter un prix ou encore pour jouer les valeureux mécènes, là, tu joues avec le feu. Car eux, ils peuvent te faire mal.

Il y a des galas de toutes sortes au Canada, fréquentés par des artistes de toutes les disciplines et tous les niveaux, pour prélever de l’argent pour les meilleures causes, des plus émouvantes aux plus banales.

Parfois c’est pour honorer un créateur, une personne dans les affaires, un sportif, un bénévole, même un politicien – ou pour aider des enfants à risque, malades, négligés ou handicapés.

Le mot ‘gala’ s’applique à une variété d’événements et de causes. Mieux vaux ne pas s’en prendre à ces soirées fastes sans savoir de quoi on parle.

Clairement Harper l’a oublié mardi dernier, lorsqu’il a affirmé. (traduction bien libre) ‘Je pense aux travailleurs ordinaires qui rentrent chez eux, allument la télévision et tombent sur un gala, vous savez, un gala plein de gens, un gala luxueux, financé par leurs impôts, et ses galas son pleins de gens qui se plaignent de ne pas recevoir assez de subventions.’

Il a répété le mot ‘gala’ quatre fois, dans une seule phrase et n’a pas dit le mot ‘artiste’ une seule fois.

Harper a refusé immédiatement de répéter ces propos en français, sentant probablement qu’il était déjà allé trop loin. ’C’est toujours une erreur, je pense, de généraliser sur un groupe des personnes,’ a-t-il dit.

Right on mon Steve! T’es sur un terrain miné.

Ironie du sort, au moment où il prononçait ses inepties, son épouse Lauren, était en train de se choisir une robe de soirée pour assister au grand gala du Centre national des Arts à Ottawa, trois jours plus tard. Un gala pour artistes, rien de moins. Inutile de dire que la robe est restée dans le garde-robe. Le lendemain, Madame Harper a dû annuler sa participation suite aux propos de son mari.

Il y a quelque chose de curieux à imaginer Harper ‘l’homme ordinaire’ qui, habillé de son chandail bleu électoral, joue du piano dans son salon du 24 Sussex, et qui, au nom de l’homme ordinaire, s’en prend aux artistes qui se ‘plaignent le ventre plein.’

Touchant, non? Lui qui gagne 300,000 $ par année en plus de ses deux demeures, de son personnel dont un jardinier et deux chauffeurs.

Harper pensait sans doute à un gala en particulier, le gala des Gémeaux du 13 septembre dernier, tenu à Montréal, au cours duquel artistes, comédiens, réalisateurs et producteurs ont tour à tour dénoncé la politique culturelle du gouvernement Harper.

Erreur de la part de Harper? Absolument. Sa façon de se rapprocher de l’ ‘homme ordinaire’ québécois ou autre, qui n’aime pas les artistes, lui a pété dans la face. À la fin de la semaine, le Bloc québécois, en attente de l’extrême-onction électorale, a pris un soudain regain de vie et a remonté une demi-douzaine de points dans les sondages. Harper venait de sauver la tête d’une poignés de députés bloquistes.

On rapporte même avoir aperçu un sourire sur le visage de Mona Lisa de Gilles Duceppe.

La gaffe de Saskatoon a donné aux Libéraux une ouverture pour une contre-attaque. Ils ont noté qu’en 2006, à Toronto, l’ancienne ministre du Patrimoine Bev Oda avait refusé d’utiliser une fourgonnette louée juste pour elle lors du gala des Junos. Elle avait plutôt insisté de se faire conduire par un chauffeur dans une limousine à 1,000 $ dollars par jour, pendant deux jours d’activités du Parti conservateur, qui précédaient la soirée des Junos.

Pire encore, Mme Oda avait tenté de refiler sa facture de limousine au ministère. Ça lui a été refusé.

Et dire que le gouvernement Harper claironne que les artistes gaspillent l’argent des contribuables.

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