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Mulroney se tire dans les pieds



Mulroney se tire dans les pieds

Mulroney se tire dans les pieds

Richard Cléroux
Publié le 15 Mai 2009
Publié le 15 Avril 2010
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Il s’est produit quelque chose mercredi dernier à l’enquête Mulroney-Schreiber présidée par le Juge Jeffrey Oliphant, quelque chose qui en dit long sur Brian Mulroney.

Ça faisait 10 ans que Mulroney attendait ce moment pour s’expliquer. Pour donner sa version dans l’affaire des enveloppes brunes de billets de mille piastres qu’il a reçues de Karlheinz Schreiber.

Enfin, sa chance s’est présentée mercredi avant-midi, dans la boîte des témoins, alors que son avocat Guy Pratte l’interrogeait.

Mulroney se plaignait du fait que les rumeurs et allégations selon lesquelles il était un criminel qui avait accepté des pots de vin, avaient marqué sa famille à tout jamais.

Il en est venu à un cheveu de fondre en larmes.

Le sympathique juge Oliphant a décrété une pause pour donner le temps à Mulroney de reprendre son sang-froid. À ce moment même, en relevant la tête, Mulroney aurait aperçu deux journalistes parlant ensemble à l’arrière de la salle. Mulroney a crû comprendre qu’ils étaient en train de se moquer de lui.

Mulroney a conclu cela sans savoir ni sans même vérifier. Mulroney étant Mulroney, ne pouvait pas résister. Il a agit comme Mulroney.

Il est aller tout de suite voir ses deux relationnistes et leur a dit qu’il avait vu deux journalistes rire de lui.

Et ils ont immédiatement émis un communiqué de presse dénonçant les deux journalistes de manque de respect pour Mulroney et sa famille.

Il n’en fallu pas plus pour que la nouvelle du jour soit non pas l’éloquente défense de Mulroney, mais la supposée conduite de deux journalistes insolents.

Un des journalistes nommés par les zouaves de Mulroney, Harvey Cashore de CBC, a déclaré qu’il n’avait pas rit de « monsieur » Mulroney, ni de personne d’ailleurs, et qu’il n’y avait rien de drôle dans ce qui était arrivé à la famille Mulroney.

Pauvre Mulroney. Son tempérament bouillant a pris le dessus sur le gros bon sens et il s’est tiré dans les pieds une fois de plus. Ça fait penser à un marié qui le jour des ses noces aperçoit deux gars en arrière de l’église qui lui doivent de l’argent et envoie tout de suite son témoin et son garçon d’honneur à leur trousse. Pourquoi gâter les noces pour quelque chose de mineur qui peut facilement être réglé plus tard?

Du Mulroney tout craché. Une fois de plus c’est lui qui a payé le prix. Un autre exemple de ce que les journalistes appellent « la tragédie Mulroney.»

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