Le 1er février 2010, les gouvernements du Canada et du Québec annonçaient conjointement un appui de 559 millions $ à 5 projets de valorisation des déchets dans la grande région de Montréal : deux à Montréal proprement dit, le second à Laval, le troisième à Longueuil et le dernier dans la couronne sud de Montréal. D’une pierre, ces projets font au moins trois coups : ils vont contribuer à réduire la quantité de déchets simplement envoyés au dépotoir; ensuite, ces déchets, en se décomposant, vont produire du méthane (gaz naturel ou biogaz) qui sera récupéré pour produire de l’énergie; finalement, cela évitera par le fait même que ce méthane soit relâché dans l’atmosphère où il agit comme un puissant gaz à effet de serre (GES). On le voit, ces projets vont contribuer à deux politiques importantes du gouvernement du Québec en matière d’environnement : réduire le volume de déchets et réduire les émissions de GES. Plus précisément, ils marquent un jalon important dans la mise en œuvre de la nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles; celle-ci se propose de bannir progressivement l’enfouissement de la matière organique, nos bons vieux restant de table, d’ici 2020. En plus, ils vont contribuer à la création de 5 200 emplois, directs et indirects. Une autre chose est également à souligner; dans le cas du projet de Laval, ce ne sont pas seulement les ménages qui seront mis à contribution mais aussi les institutions comme les hôpitaux, les commerces et les industries. À terme, cela permettra à Laval de traiter 60% des matières résiduelles putrescibles! Quand on pense que Laval est la deuxième ville du Québec, on peut saisir toute l’importance de ce projet. Dans la nature, ce que nous appelons un « déchet » n’existe pas, tout est recyclé et sert de nouveau à la vie, il est grand temps que nous apprenions à faire de même en donnant une deuxième vie à nos déchets, surtout, comme nous le rappelait la Ministre Line Beauchamp lors de l’annonce, que l’on crée 10 fois plus d’emplois par dollar investi dans le secteur du recyclage que dans celui de l’enfouissement des déchets. Steven Guilbeault




