J'ai toujours vécu avec l'impression que le temps me manquera. Et que ma vie sur terre sera trop courte pour faire tout ce que j'aimerais. Je suis une touche à tout. J'aime bien essayer de nouveaux trucs et cherche toujours à me perfectionner. N'allez pas croire que je suis parfaite pour autant. Loin de moi l'intention d'affirmer cela, au contraire.
Moi, je suis de la génération X, parmi les chanceux qui sont arrivés après les baby-boomers et qui doivent composer avec les Y.
Les premiers, eux, ils ont révolutionné le monde, ils bâtissaient et défonçaient les portes. Ils se sont taillé une place de choix, dorée au soleil, et s'accrochent parfois aux pouvoirs qu'ils ont acquis au fil des ans. Le marché de l'emploi les accueillait, en leur offrant tout, car tout était à faire. Ils ont usé et abusé des bonnes comme des mauvaises choses. Rien ne les arrêtait, et tout leur appartient.
Les plus jeunes, les Y, se croient tout permis et tout semble leur être dû. Ils arrivent avec leur attitude d'enfant unique-roi, qui a trop écouté Passe-Partout. Leurs parents leur ont donné absolument tout ce qu'ils voulaient, pour compenser le fait qu'ils n'étaient pas à la maison pour eux, ou parce qu'ils vivaient séparément et se rachetaient de cette façon. Ils ont le culot de vouloir bousculer les X, pour aller directement à la place que les baby-boomers réchauffent depuis trois décennies. Patience les Y, il y a bien quelque X qui ont surmonté leur déprime de début de carrière
Alors maintenant que je vous ai mis en contexte, je reviens au titre que j'ai donné à cette chronique. Depuis un an ou deux, on dirait que les offres sont plus intéressantes. Les boomers se sentant essoufflés, ralentissent leur cadence et se tassent lentement mais sûrement sur la voie de la retraite. Les X, qui n'ont pas eu l'habitude de pouvoir accéder à plus de pouvoir ou d'ambition, sauront-ils saisir l'occasion qui s'offrira à eux? Auront-ils le courage de se montrer opportunistes pour une fois dans leur vie? Car s'ils n'osent aller de l'avant, s'en trouveront bien quelques Y prêts à passer à l'offensive.
Je me considère assez chanceuse et privilégiée par la vie. En plus de la santé qui est bonne, j'ai réussi à me faire une carrière plutôt originale. J'ai quitté mes études un peu trop tôt pour avoir un diplôme reconnu, mais diverses expériences au cours de ma vie m'ont menée hors des sentiers battus. Et récemment, je dirais même dans la dernière année, plusieurs opportunités intéressantes se sont présentées à moi, et je crois que j'ai su les saisir et les utiliser à bon escient. Je remercie les gens qui me donnent à nouveau la chance de croire en mes moyens.
Ce que je veux dire au fond, c'est qu'il ne faut pas avoir peur de foncer et de regarder droit devant. Il se trouvera toujours quelques-uns pour vous mettre des bâtons dans les roues mais, c'est dans l'adversité que l'on grandit et que l'on reconnaît ses amis.