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Des paroissiens s'opposent à la fermeture de leur église



Des paroissiens s'opposent à la fermeture de leur église

Des paroissiens s'opposent à la fermeture de leur église

Carole le
Publié le 24 Mai 2007
Publié le 16 Février 2010
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Un vent de rébellion a soufflé sur l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, lors de l'office du 6 mai dernier. La proposition de l'archevêché de fermer la fabrique pour concentrer la mission pastorale à l'église Saint-Clément a reçu une fin de non-recevoir des paroissiens.

Sujets :
église Saint-Clément , église du Très-Saint-Nom-de-Jésus , église de Saint-Nom-de-Jésus , Maisonneuve , Amérique du Nord , Montréal

Joyau du patrimoine, l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, considérée longtemps comme la «cathédrale de Maisonneuve», fait face depuis quelques années à des difficultés financières récurrentes. L'église qui possède un des plus beaux orgues Casavant en Amérique du Nord affiche un déficit annuel d'une centaine de milliers de dollars.

Quelques coins de rue plus loin, l'église Saint-Clément n'a pas meilleure mine sur le plan financier. Les deux édifices affichent chacun une dette accumulée de 750 000 $ et auraient besoin de travaux de rénovation évalués à 3 M$ par l'archevêché. «Au total, il faudrait investir 8 M$ juste dans ce coin-là, alors que le budget du diocèse pour Montréal s'élève à 10 M$ pour ses 250 paroisses. L'archevêché ne peut plus soutenir le rythme», indique le vicaire épiscopal Pierre Côté.

La messe à Saint-Clément

L'an dernier, une étude de faisabilité commandée par l'administration catholique a établi que la vie de quartier tournait davantage autour de l'église Saint-Clément, où le bassin de population est appelé à grandir, notamment en raison du développement résidentiel de la biscuiterie Viau. L'église de Saint-Nom-de-Jésus se prêterait quant à elle mieux à une vocation culturelle, en raison de sa réputation et de la présence de son orgue.

Le 28 mars, les marguilliers réunis en assemblée de fabrique ont donc proposé de fusionner les deux assemblées de fabrique et de fermer temporairement Très-Saint-Nom-de-Jésus, en attendant de lui assurer une nouvelle vocation.

Les paroissiens, consultés sur le projet, se sont prononcés en faveur d'une seule administration et d'une seule équipe pastorale pour les deux bâtiments, mais ne s'entendent pas sur le choix de l'église à conserver comme lieu de culte.

Un dossier émotif

«Nous sommes au pied du mur. Nous voulons sauver l'édifice, mais le refus des paroissiens nous empêche d'avoir carte blanche pour mettre sur pied un projet qui le permettrait», regrette le vicaire, qui souhaite «travailler avec les élus de l'arrondissement pour essayer d'aller chercher un consensus dans le milieu».

L'arrondissement indique pour sa part vouloir jouer le rôle d'«élément facilitateur» dans les démarches de l'archevêché pour présenter un projet rassembleur associant la communauté. «Nous n'avons aucun intérêt à voir disparaître un tel patrimoine», déclare le conseiller de Maisonneuve, Laurent Blanchard. L'arrondissement pourrait soutenir l'installation d'organismes loisirs dans le sous-sol de l'Église, ou encore enrichir la vocation de salle de spectacles, en déplaçant une partie de la programmation de la maison de la culture dans l'édifice ou en aidant le Festival d'automne Orgue et Couleurs à étendre sa programmation.

Le défi est toutefois important. «A-t-on besoin d'un nouveau lieu de diffusion culturelle dans le quartier ? Et si oui, comment concilier les contraintes que présente le site, comme sa situation en plein secteur résidentiel et l'absence de stationnement ?», interroge-t-il.

De son côté, le vicaire dit comprendre la réaction des paroissiens. «C'est très émotif. On touche aux tripes des gens du quartier. On leur demande de vivre un deuil. C'est d'autant plus difficile que cette église est un des symboles phares de Maisonneuve», déclare-t-il

Dans l'immédiat, il n'y a pas à craindre de fermeture de l'église. «Il n'y a rien de changé. Nous continuons comme avant tant que nous n'avons pas trouvé de solution», déclare le curé Pierre Seyer. En vertu de l'entente entre le diocèse et le gouvernement, l'archevêque doit informer le ministère de la Culture de son intention de fermer l'église un an à l'avance. Durant cette année, le gouvernement a le droit de premier intervenant et la fabrique est tenue de consulter la communauté pour trouver des solutions.

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