Anjou recevra 25 844 000 $ de la part de Montréal pour l’exercice financier 2010. Ce montant, soulignent les autorités locales, n’est pas suffisant pour équilibrer le budget: « L'enveloppe budgétaire 2010, telle que reçue du service des finances de la Ville-centre, s'avère insuffisante pour que l'arrondissement équilibre son budget. (…) Nous devons financer un écart de 1 596 200 $ pour atteindre l'équilibre. Pour ce faire, l'arrondissement entend adopter un règlement visant l'imposition d'une taxe relative aux services à l'ensemble des immeubles imposables de l'arrondissement. Cette taxe s'établira à 0,04 $ du 100 $ d'évaluation. »
Avec cette source de revenu additionnelle, le budget d’opération pour 2010 sera donc de 27 440 200 $, soit une augmentation de 138 000 $ par rapport à celui de 2009, lequel s'établissait à 27 302 200 $.
Pour équilibrer le budget, les décideurs ont choisi de couper dans l’aménagement, l’urbanisme et le développement, de même que l’administration, la location d’équipements et l’entretien des bâtiments.
À cela s’ajoutent des dépenses dans certains secteurs. Ainsi, un montant additionnel de 227 000 $ correspondant aux progressions et aux augmentations salariales consenties en vertu des conventions collectives devra être déboursé dans le prochain exercice financier. Par ailleurs, le coût des contrats pour la collecte et le transport des ordures et les coûts de déneigement augmentent de 480 000 $. D'autres activités verront également une augmentation des dépenses, entre autres les dépenses liées à l'entretien des piscines, les coûts de l'essence et les frais énergétiques.
« On tente malgré tout d’arriver à l’équilibre budgétaire, mais pour ce faire, on se doit de couper », indique M. Miranda.
Le budget pourrait de plus être revu et corrigé dès janvier prochain, alors que la Ville-centre votera son propre budget. « On a déjà fait notre démonstration budgétaire aux gens de Montréal. Mais si le budget qu’on nous accorde devait changer, cela aura un impact majeur sur nous, c’est évident », admet M. Miranda.
Alors qu'Anjou était un des seuls arrondissements à agir de la sorte il y a quelques années, voilà que la surtaxe locale est de plus en plus courante à Montréal, laisse entendre son maire.
« Il y a de plus en plus d’arrondissements qui sont sous-dotés. Je pense que pour 2010, il y en aura une dizaine. Il y a une réalité économique difficile à Montréal, mais je pense qu’il serait temps que la Ville-centre revoie sa formule de dotation. Il n’est pas normal qu’un arrondissement comme le nôtre ne reçoive que 25 M$ en budget d’exploitation », dit-il.
Pour appuyer ses propos, le maire compare Anjou à un arrondissement similaire, Lachine. « Avec notre parc industriel et nos commerces, on rapporte 90 M$ à Montréal, alors qu’on ne nous retourne que 25 M$ en budget. Lachine rapporte 67 M$ à la métropole et cet arrondissement reçoit 27 M$ », affirme le maire Miranda.
