Ils étaient 11 à participer à l’activité, animée par Sylvain Martin, chargé de projet et accompagnateur d’entrepreneurs au SAJE. Lui-même immigrant, il connait bien les difficultés que devront affronter ces entrepreneurs.
« L’immigrant a un travail à faire pour franchir ses barrières. Il arrive avec ses lunettes de Français, d’Asiatique ou d’Arabe, avec tout son parcours professionnel personnel. La culture, ce n’est pas juste le pays, c’est aussi les valeurs familiales, sa personnalité, … Il faut qu’il enlève ses lunettes et qu’il mette celle d’un Québécois pour voir le Québec de l’intérieur. C’est un défi qui peut prendre du temps pour l’immigrant », explique le conférencier.
Questionné sur les particularités du milieu des affaires québécois, Sylvain Martin estime que celles-ci se trouvent principalement dans les rapports hiérarchiques et la perception du temps.
« Le réseau est primordial. Le réseautage, ce n’est pas juste son milieu d’affaires, c’est aussi son milieu familial. Au Québec, les distances hiérarchiques sont faibles. On peut faire des affaires avec tout le monde.
« On se tutoie plus rapidement au Québec, ajoute-t-il. Ce n’est pas forcément parce qu’on va devenir des amis, mais plutôt pour dire qu’on se met sur un même pied d’égalité.
« Ici, le temps fait en sorte que la relation est moins importante que la tâche. Pour un Français, tant qu’il n’y a pas de relation d’établie, il n’y a pas de business. Au Québec, peu importe la relation, si le produit répond à mes attentes, même si je n’aime pas la personne, j’ai plus de chances de faire affaire avec elle.
« Avec cette notion de temps, la relation personnelle et professionnelle, c’est deux mondes différents. C’est plus difficile de devenir ami avec un collègue au Québec qu’en France », soutient M. Martin.
Même si ces différences culturelles peuvent parfois poser problèmes aux nouveaux arrivants, M. Martin estime que le Québec est un milieu ou il est relativement facile de se lancer en affaires.
Ce qu’en pensent les principaux intéressés
Établie dans la Belle province depuis maintenant quatre ans, Stéphanie Airaud, d’origine française, a décidé de participer à l’atelier pour « améliorer ses pratiques d’affaires et les adapter au marché québécois. » « Même après plusieurs années, j’ai encore des réflexes de ma culture d’origine. Cet atelier me permet de valider ce que j’ai perçu sur le terrain », fait-elle savoir.
Même son de cloche de la part de Khalid Bouguejja, un entrepreneur d’origine marocaine.
« Avant, je faisais mes premiers contacts et je fixais mes rendez-vous par téléphone. Ça ne fonctionnait pas. Maintenant, je fais plus de réseautage. [L’atelier] m’a confirmé que je devais continuer à faire ça », explique-t-il.
