«Le père est un parent à part entière. Sa masculinité ne devrait pas être perçue comme un problème, mais comme un aspect positif. Il a quelque chose de différent à apporter», déclare Raymond Villeneuve, coordonnateur du Regroupement pour la valorisation de la paternité.
Le rôle du père dans la famille d'aujourd'hui aurait-il besoin d'être moussé ? « Oui ! » répond M. Villeneuve. « Trop souvent, il se sent mis à l'écart ou pire, mal considéré par la société, notamment les services sociaux. »
Un des exemples qui sera abordé lors de l'événement : Les pères et les cours prénataux. Nombreux sont les papas qui y participent, et beaucoup éprouvent des difficultés à s'y sentir à l'aise, quand ils n'ont pas tout bonnement l'impression de déranger. «Ces cours sont beaucoup centrés sur la mère. Il y aurait lieu d'accompagner davantage le cheminement du père. S'il ne porte pas physiquement le bébé, il le fabrique dans sa tête. »
La Su-per Conférence, qui avait réuni près de 120 intervenants autour de la paternité en 2007 dans le quartier, ne manquera pas de pain sur la planche. Parmi les nombreux thèmes au programme de cet événement qui se déroulera sur deux jours : les pères et la DPJ, sujet sensible s'il en est.
«La Direction de la protection de la jeunesse reconnaît qu'elle a une réflexion à mener à ce niveau. Trop souvent, on hésite encore à confier l'enfant au père. Cela crée des situations difficiles qui peuvent entre autres conduire au placement du jeune en famille d'accueil alors que le père pourrait très bien s'en occuper avec un coup de pouce», estime M. Villeneuve.
Champion montréalais de la monoparentalité avec 51 % de familles comptant un seul parent, Hochelaga-Maisonneuve concentre sur son territoire près de 450 pères qui élèvent seuls leur enfant. Au Québec, 22 % des familles monoparentales étaient dirigées par des pères en 2006, une augmentation de 10 % par rapport au recensement de 2001. Bien qu'encore aujourd'hui la mère obtienne la garde des enfants dans près de 60 % des divorces, de plus en plus de pères demandent la garde partagée. De 1995 à 2003, elle a augmenté de 11 % à 29 %, selon l'Institut de la statistique du Québec.
