Or, il faut savoir que l’est de l’île compte déjà des installations de traitement de matières résiduelles et que d’autres verront le jour dans un avenir rapproché. La compagnie EBI, qui gère le centre de transbordement de la rue Lakefield, a reçu l’autorisation de construire un centre de tri, de récupération et de transfert des matières résiduelles d’une capacité annuelle de 1 000 000 tonnes. En décembre 2009, RCI Technologie a annoncé un projet de biométhanisation dans l’arrondissement d’Anjou, en partenariat avec Hydro-Québec. Cette usine aura une capacité annuelle de plus de 100 000 tonnes.
L’est de l’île, faut-il le rappeler, accueille depuis longtemps des industries polluantes dont les effets cumulatifs sur la qualité de l’environnement et la santé des citoyens demeurent largement méconnus. Est-ce un hasard si, d’après des études réalisées récemment par le Direction de la santé publique de Montréal, les citoyens de ce secteur de l’île souffrent davantage de maladies pulmonaires que ceux des autres quartiers montréalais ? Cette disparité est inadmissible.
Si certaines de ces usines s’installent sur notre territoire, quels en seront les impacts sur la circulation automobile? Combien de camions supplémentaires traverseront nos quartiers? Le réseau routier de l’est de l’île est déjà fortement congestionné par le camionnage en provenance du port de Montréal et des industries avoisinantes. Et il le sera encore davantage avec le prolongement de l’autoroute 25 vers Laval.
Devant cette situation, le Collectif en environnement Mercier-Est formule les revendications suivantes : -Aucune nouvelle installation de traitement des matières résiduelles sur le territoire du secteur est de l’île de Montréal avant que des études sur les impacts combinés des divers projets en cours ne soient réalisées; -Une révision à la baisse du permis de la capacité du centre de tri, de récupération et de transfert de matières résiduelles accordée à la compagnie EBI; -Une analyse des impacts environnementaux de nouveaux établissements de traitement des matières résiduelles et de leurs conséquences sur le système de transport de l’est de Montréal; -Une véritable consultation publique des citoyens du secteur est.
Pour la population de l’est, exiger l’équité territoriale dans la gestion des matières résiduelles ne relève pas du syndrome « Pas dans ma cour ». Cette revendication fait appel à un droit reconnu — le droit à un environnement sain et sécuritaire, au même titre que le reste de la population montréalaise.
Le Collectif en environnement Mercier-Est invite donc les citoyens et les citoyennes de l’est de l’île de Montréal à faire connaître leur désaccord avec la construction de nouvelles installations de traitement des matières résiduelles sur leur territoire. Un moyen pour le faire est d’envoyer la lettre adressée au maire de Montréal, président du Conseil d’agglomération, qui est disponible sur le site Internet de Solidarité Mercier-Est au www.solidaritemercierest.org.
(Raymond Moquin, ing et président du Collectif en environnement de Mercier-Est)