Chose certaine, ce n’est pas en arpentant les couloirs de l’Assemblée nationale durant le temps des fêtes que les tenants de ce refrain défaitiste y trouveront des arguments. En effet, durant deux semaines, année après année, près de 250 jeunes participent à deux simulations parlementaires dans le salon bleu de l’Assemblée nationale.
S’adressant tous deux à des jeunes âgés de 18 à 25 ans, le Parlement jeunesse du Québec et le Parlement étudiant du Québec sont deux simulations qui permettent à plusieurs jeunes de siéger en tant que député afin de mieux comprendre les rouages du parlementarisme. Périodes de questions, discours du premier ministre, débat et étude de projets de loi en commission parlementaire, discours sur un budget; voilà autant d’événements prévus au programme de ces simulations, très appréciées des participants (plusieurs y participent une demi-douzaine de fois au fil des ans).
En plus de ces simulations offertes aux jeunes adultes, de nombreuses autres simulations sont offertes aux jeunes de tous âges (voir autre texte). En tout, ce sont des milliers de jeunes qui, chaque année, peuvent en savoir plus sur les rouages de la vie politique et parlementaire.
« On y vient une première fois pour mieux connaître la politique et on y revient pour les gens », résume Jacinthe Turmel, une participante du Parlement étudiant du Québec qui a agi en tant que chef du caucus des rouges lors de la 21e législature du Parlement étudiant du Québec, du 2 au 6 janvier. « Plusieurs participants sont de véritables passionnés de politique. Certains sont militants au sein de partis politiques, d’autres veulent simplement en savoir plus sur les institutions et leur fonctionnement. Mais tous en sortent grandis par l’expérience », souligne-t-elle.
Participant à trois reprises au Jeune conseil de Montréal dans les années 90, l’actuel conseiller municipal du district Marie-Victorin, Carle Bernier-Genest, dit avoir bien apprécié son expérience. « Ce que vous faites aujourd’hui, c’est non seulement de vous initier aux rouages des institutions parlementaires, mais aussi de vous préparer à devenir des citoyens impliqués dans la vie démocratique », a-t-il d’ailleurs expliqué aux participants de la 20e législature du Jeune conseil de Montréal, qui a eu lieu du 26 au 28 janvier dans la salle du conseil de l’hôtel de ville.
Même si plusieurs centaines de jeunes ont l’occasion de siéger comme jeune député ou jeune conseiller municipal dans l’une des nombreuses simulations parlementaires organisées chaque année, une infime partie d’entre eux aura la chance de siéger comme véritable élu des années plus tard. Comme Carle Bernier-Genest ou comme le leader de l’opposition de la toute première législature du Jeune conseil de Montréal… un certain Denis Coderre. « C’était impressionnant d’entrer pour la première fois dans la salle du conseil lors d’une simulation du Jeune conseil de Montréal; mais ce le fut encore plus la première fois que je suis entré dans la salle en tant que véritable élu », se rappelle Carle Bernier-Genest.
Une chose est sûre pour Jacinthe Turmel : qu’ils deviennent politiciens ou pas, l’expérience d’une simulation parlementaire change à jamais la vision des jeunes vis-à-vis la politique et les politiciens. « Même ceux qui ne s’intéressent pas particulièrement à la politique et qui participent à une simulation parlementaire ne voient plus les choses de la même manière. Après une telle expérience, on en sort grandi et plus sensibilisé. »
