La députée de Hochelaga-Maisonneuve n'a pas pris sa décision à la légère. Elle l'a mûrement réfléchie. Ses proches ont été consultés et sont tous d'accord avec sa décision.
« C'est une décision sage, mais difficile. C'est vrai que c'est plus dur de partir que d'arriver en politique. Je ne me serais jamais autorisée à quitter maintenant si je pensais le Parti québécois menacé ou en danger. Le parti est entre bonnes mains avec Pauline Marois. Elle peut compter sur mon appui », de dire Mme Harel.
Plusieurs personnes présentes à l'annonce de la députée n'ont pu retenir leurs larmes. À certains moments, l'atmosphère était tendue. On aurait pu entendre une mouche voler.
Au cours de sa vie politique active, la députée a marqué l'histoire à sa façon. Elle a été la première femme élue à la présidence de l'Assemblée nationale et, à ce titre, la première femme présidente de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Elle a également occupé de nombreuses fonctions ministérielles et a agi à titre de chef de l'opposition officielle pendant plus d'un an.
Mon plus beau souvenir demeure la participation populaire de 92 % des citoyens au référendum de 1995. Pour une circonscription d'un quartier ouvrier, qui compte plusieurs chambreurs ayant bien d'autres préoccupations, c'est tout simplement extraordinaire, a-t-elle rappelé.
Ses deux plus grands regrets sont l'abandon par l'actuel gouvernement du 1 % de formation de la main-d'œuvre pour les travailleurs des petites et moyennes entreprises, de même que la désorganisation de Montréal en ville morcelée.
Difficile de croire que celle qui aura connu huit premiers ministres puisse se retirer. Membre du Parti québécois depuis 40 ans, elle entend toutefois poursuivre comme militante le projet de faire du Québec un pays.
« L'indépendance reste à faire et tout le monde a son rôle à jouer pour y parvenir. Ce n'est pas que la tâche des députés. »
Malgré ses nombreuses responsabilités, Mme Harel a toujours joui d'une relation privilégiée avec les électeurs de sa circonscription, des gens qu'elle adore profondément. Et ceux-ci le lui rendent bien.
« Elle a toujours été très présente pour les organismes communautaires. Elle était généreuse de son temps et ne comptait pas les heures. Son dévouement auprès des gens était exemplaire », nous a confié une directrice d'organisme communautaire du quartier.
Avec le départ de Mme Harel, la circonscription de Hochelaga-Maisonneuve devient un château fort péquiste que plusieurs candidats convoiteront. Pour les citoyens que nous avons rencontrés, le successeur devra provenir du quartier et être impliqué dans le milieu. Une « vedette » ne serait pas nécessairement la bienvenue.
La fin d'un règne, d'une époque
Louise Harel ne sollicitera pas un huitième mandat
Après 27 années à siéger à l'Assemblée nationale, Louise Harel tire sa révérence. Elle ne sollicitera pas de huitième mandat lors des prochaines élections provinciales.
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