Une année de chien pour la politique canadienne



Une année de chien pour la politique canadienne

Une année de chien pour la politique canadienne

Richard Cléroux
Publié le 31 Décembre 2008
Publié le 15 Avril 2010
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La Reine d’Angleterre a un nom pour ça : « annus horribilis». Après tout, elle en a connu quelques unes.

Sujets :
Sénat , Chambre , Canada , Ottawa , Québec

D’abord, on a eu des élections pitoyables au Canada en 2008. Rappelez-vous dans la pub des Conservateurs l’oiseau qui faisait ses besoins sur l'épaule droite de Stéphane Dion ?

L'organisation conservatrice trouvait ça drôle. Tordant même. Ça faisait deux ans que Harper faisait la même chose sans que Stéphane Dion ne s’en aperçoive.

Le macareux diarrréhique a fini par nous débarrasser du Chef Libéral. Le veston est toujours chez le nettoyeur.

Harper nous a imposé des élections parce qu’il voulait à tout prix obtenir sa majorité. Elle lui a échappée pour une deuxième fois. Nous autres pas plus fins, on a payé les 380 millions.

Harper n’aurait jamais dû ridiculiser les artistes puis les mécènes qui fréquentent les galas culturels – comme son épouse Laureen qui se préparait à assister à une soirée du genre à Ottawa deux jours plus tard.

Mais Harper a quand même réussi à rester au pouvoir, faisant disparaître du même coup le fameux Tournant Vert de Dion qui faisait peur à tout le monde. Les compagnies pétrolières, encore une fois gagnantes, et elles ont fêté ça au champagne. Les Libéraux ont réalisé qui menait le pays.

L’année 2008 a apporté avec elle sa poignée des scandales ‘bleus’ – Mulroney-Schreiber pis les « commissions secrètes en argent comptant » Chuck Cadman et la tentative d’acheter de son vote sur son lit de mort, la grosse magouille électorale des Conservateurs en 2006 toujours devant les tribunaux et l’affaire Couillard-Kevlar et la vente de terrains au fédéral – mais Harper a ‘surfer’ sur ces vagues en gardant la tête haute.

Comme une manière de «bonhomme sept heures» c’est la crise économique qui a dominé la fin de l’année.

Mais que penser d’un Premier ministre qui, devant la crise, nous annonce que la meilleure façon de relancer l’économie est d’enlever l’équité salariale aux femmes et le droit de grève aux fonctionnaires.

Ce n’est pas tout. Il propose de remplacer le financement public des partis politiques par le financement privé des partis politiques – comme dans le bon vieux temps.

Et quoi dire des 65 000 emplois disparus dans l’industrie au Québec, ou les 185 000 au Canada?

Harper a trouvé la solution, Tu les nommes au Sénat, 18 à la fois (comme au golf). Un petit 130 480 $ par année pour chacun ce n'est rien.

Avec le personnel, bureau, et frais de voyage, ça monte à 862 300 $ par année, par personne. Ça c’est de la relance.

Quant ça ne faisait pas son affaire au Parlement ou qu’il avait de la misère, Stephen Harper levait la chambre. Deux fois il a mis la clé dans la porte pour éviter des élections, la douce et charmante gouverneure générale, Michaëlle Jean ne s’y opposant pas. Dans les derniers six mois de 2008, la Chambre n’a siégée que deux semaines.

La suite viendra à la fin de janvier. Sauf que maintenant, il y a un acteur de soutien dans un rôle titre : le nouveau chef Libéral, Michael Ignatieff qui n’attend que le moment opportun pour tenter sa chance.

Comme on dit sur la plateau : « standby. »

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