Soudas a perdu les pédales devant tout le monde à la grande conférence sur les changements climatiques. Il est allé engueuler Steven Guilbeault, porte-parole du mouvement Équiterre du Québec.
Disgracieux, pour le moins, la scène. Soudas lui criait de grosses bêtises par la tête à Guilbeault.
Il l’a accusé publiquement devant les journalistes présents d’être l’auteur d’une série de faux communiqués qui a bafoué la délégation canadienne toute la journée de lundi.
Ce n’était pas vrai.
Les auteurs du canular étaient des comédiens américains, les Yes Men, spécialistes des grands coups-montés.
Les Yes Men ont réussi à couvrir de ridicule le Canada, déjà perçu comme la bête noire de la conférence. Et tout ça deux jours avant que Harper arrive.
Le canular a commencé par un faux communiqué qui annonçait que le Canada avait fait une volte-face et ferrait des réductions importantes dans les gaz à effets de serre.
Il annonçait une réduction de 40% dans les gaz à effets de serre, plutôt que le 3% que Harper envisage. En plus le Canada donnerait des milliards – cinq pour cent de son produit national brut – aux nations pauvres d’Afrique pour combattre les changements climatiques. Tout entièrement faux.
Peu après le faux communiqué semblait avoir été repris sur un site Web du influent Wall Street Journal, mais c’était un faux site.
Peu après un deuxième communiqué apparu signé d’Environnement Canada dénonçant le premier communiqué comme étant un faux. Mais ce deuxième communique était également un faux.
Ils ont aussi monté un faux site Web d’Environnement Canada.
En suite on passait à l’absurde avec l’arrivé d’un communiqué de l’Ouganda félicitant le Canada de sa générosité envers l’Afrique. Mais hélas, c’était également un faux.
Le fardeau onéreux de corriger tous les faux communiqués reposait sur Soudas, qui a un moment en avait plein son casse et a « pété une fuse. »
Pour des raisons toujours difficiles à comprendre, Soudas a choisi Guilbeault comme le grand responsable du désastre médiatique.
Guilbeault, furieux, a nié toute participation au canular et a exigé une excuse immédiate de Soudas.
Soudas l’a accusé d’enfantillage, de « jouer des jeux » et de ne pas être sérieux. Soudas a exigé que Guilbeault, chroniqueur pour les hebdos Transcontinental, ne commente plus sur la position du Canada. Cela s’appelle la censure au Québec.
Guilbeault a refusé. Au Québec Guilbeault est perçu comme une icône du mouvement environnemental. Au Canada, les propos de Soudas s’appellent du libelle diffamatoire.
Soudas a refusé de s’excuser. Le bureau du Premier ministre ne s’excuse jamais. Ils n’ont jamais tort. Si vous ne le croyez pas, demandez-leur.
Ce n’est pas la première fois que Soudas s’en prend à des journalistes. Est-ce que le glas sonnera bientôt pour le malheureux Soudas?
Un porte-valise pique une crise.
Sans doute, Dimitri Soudas, porte-parole du Premier ministre Stephen Harper n’avait pas assez à faire à Copenhague.
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