Les élus souhaitent améliorer la qualité des aménagements de l'artère commerciale en accroissant la végétation, plus particulièrement sur le territoire de la Société de développement commercial de la rue Jean-Talon Est, aussi appelée Destination Jean-Talon, entre la rue de la Villanelle et le boulevard Viau. « Nous sommes en train de finaliser l'évaluation des coûts qui devraient se situer entre 500 000 $ et 2 M$ », a déclaré le maire Michel Bissonnet lors du conseil d'arrondissement du 16 novembre. Il a indiqué que l'arrondissement pourrait recevoir jusqu'à 1 M$ en subventions si le PACC retenait le projet, la Ville de Montréal devant financer le reste de l'enveloppe. Les appels de propositions doivent être déposés avant le 30 novembre et on saura comment sera répartie l'enveloppe disponible de 6,5 M$ le 15 février 2010.
Lutter contre les îlots de chaleurLa végétation plus abondante a pour objectif de lutter contre les îlots de chaleur qui font grimper dangereusement le mercure en milieu urbain en été. En plus de rafraîchir des secteurs visés, ici la rue Jean-Talon Est, la végétation permettrait aussi d'améliorer la qualité des aménagements et d'en faire une rue piétonne recherchée.
Pour ce faire, on pourrait entre autres aménager des platebandes et des îlots végétalisés, planter des arbres sur rue et végétaliser des bâtiments par des murs végétaux ou des toits verts.
Dans le sommaire décisionnel des élus, il est écrit que la rue Jean-Talon Est compte peu d'arbres et d'espaces verts. En plus du manque de végétation, les cours avant des propriétés sont asphaltées ou recouvertes de produits minéralisés, et ce, jusqu’au trottoir.
« La densité commerciale et résidentielle de la rue Jean-Talon, avec tous les chantiers de construction réalisés ou en cours de réalisation, la volonté des commerçants de devenir une alternative aux grandes surfaces et la venue souhaitée du métro dans l’axe de la rue Jean-Talon rendent nécessaire le verdissement de l’artère commerciale pour qu’elle soit attrayante et sécuritaire pour ses usagers », peut-on lire.
Le projet vise aussi à améliorer l'ambiance de l'artère commerciale et à démontrer aux commerçants les bienfaits de s'unir dans une démarche commune. De plus, comme les arbres et les plantations végétales retiennent les eaux de pluie, on croit que cette opération de verdissement améliorera indirectement le réseau de drainage pluvial, qui, comme les Léonardois le savent, fait souvent des siennes pendant la saison chaude.
Pour le conseiller économique Michel Valade et le directeur de la Direction des travaux publics, de l'aménagement urbain et des services aux entreprises, Arnold Beaudin, le verdissement « serait complémentaire aux efforts de la communauté d'affaires qui travaille à la mise en valeur du territoire de la SDC Jean-Talon Est.
« Le Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine (SMVTP) appuie déjà ce secteur par le biais du Programme Réussir@Montréal-Commerce. Ce programme a permis la réalisation de travaux de diagnostic et d'un plan directeur afin de favoriser la réalisation d'actions collectives. De plus, les propriétaires immobiliers commerciaux et les commerçants peuvent bénéficier de subventions pour rembourser une portion du coût des honoraires professionnels en design et des travaux de rénovation », écrivent les deux fonctionnaires dans leurs recommandations aux élus.
Promotion des bonnes pratiquesMélissa Giguère, agente de planification, de coordination et de recherche à l'Institut national de santé publique du Québec, indique que l'appel de propositions vise à retenir des projets qui serviront d'effets de levier, dans le futur, ceci en faisant la promotion des bonnes pratiques de lutte aux îlots de chaleur urbain.
« On cherche des projets de verdissement qui vont protéger les populations sensibles aux fortes chaleurs, surtout qu'on sait qu'en période de canicule importante, l'asphalte peut atteindre jusqu'à 80 degrés Celsius. Alors que l'asphalte absorbe la chaleur, les revêtements naturels, eux, par le phénomène d'évapotranspiration, vont libérer de l'humidité et réguler la température. » Selon elle, la température en surface peut grimper jusqu'à 10 degrés de plus dans des conditions de rayonnement solaire direct.
