Monsieur le ministre, doit-on croire que vous êtes indifférent aux maladies pulmonaires et plus particulièrement à la MPOC (bronchite chronique et emphysème), une maladie dévastatrice qui affecterait plus de 700 000 personnes au Québec?
C’est, malheureusement, le doute que vous laissez planer du fait que vous ayez ignoré notre invitation au dévoilement, le 20 novembre dernier, de la troisième étude portant sur la MPOC à travers le Canada, étude réalisée par l’Association pulmonaire conjointement avec la Société canadienne de thoracologie et par la firme Léger Marketing qui a effectué l’enquête.
Vous avez donc, dans un premier temps, ignoré cette invitation alors que nous savons pertinemment que le bureau du premier ministre vous avait transmis cette invitation. Deuxièmement, vous avez même convoqué les médias, à la dernière minute, pour votre propre conférence de presse que vous avez tenue le même jour et à la même heure que la nôtre.
Monsieur le ministre, si vous vous étiez présenté à notre conférence de presse du 20 novembre, vous auriez pu nous expliquer pourquoi le Québec affiche toujours le double du taux d’hospitalisation par rapport à l’Ontario et la Colombie-Britannique en matière de MPOC?
Vous auriez peut-être pu nous expliquer aussi pourquoi les maladies pulmonaires représentent la première cause d’hospitalisation au Québec et la quatrième cause de décès et pourquoi nous préférons dépenser chaque année des milliards de dollars provenant des contribuables plutôt que de se donner des moyens concrets pour la prévention.
Monsieur le ministre, voici quelques renseignements que vous devriez connaître :
- Il y a plus de 700 000 Québécois et Québécoises atteints de la MPOC et seulement une partie de ceux-ci ont été diagnostiqués;
- La MPOC n’affecte pas seulement les personnes âgées. Notre étude démontre qu’une personne sur sept âgée de 45 à 49 ans serait atteinte de la MPOC et que 10 % des personnes âgées de 40 à 44 ans le serait également;
- Les personnes atteintes de la MPOC sont deux fois plus susceptibles d’être hospitalisées si elles vivent au Québec que si elles résident en Ontario ou en Colombie-Britannique;
- Plus de la moitié des personnes atteintes de la MPOC ne sont pas diagnostiquées car les tests de spirométrie ne sont pas accessibles à tous, tel que le mentionne la Société de thoracologie du Canada;
- Les personnes qui fument ou qui ont déjà fumé devraient passer annuellement un test de spirométrie, test qui n’est pas effectué de façon systématique au Québec. Ce test devrait être fait par le médecin de famille ou en CLSC;
- Nos urgences et nos hôpitaux sont envahis par les personnes atteintes de maladies respiratoires, ce qui engorge notre système de santé. Cela coûte au Québécois et Québécoises des montants faramineux à tous les ans.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, votre ministère, n’a donc aucun plan pour remédier à ce fléau?
Monsieur le ministre, si vous ne vous intéressez pas à ceux et celles qui sont atteints de la MPOC ou de l’asthme ou d’autres maladies respiratoires dévastatrices, qui le fera?
Nous vous invitons donc à participer personnellement à notre Symposium sur les maladies respiratoires qui aura lieu le 21 février 2008 à Québec. Nous comptons sur votre présence.
- Dominique Massie, directrice Développement et communication de l'Association pulmonaire