Le héros du roman explique joliment être revenu dans l’Est parce qu’il avait perdu le nord. Max Saint-Louis, la trentaine, correcteur à la pige, est de retour dans le quartier de son enfance après une rupture amoureuse.
Entre ses amis Sylvestre et Francis, son voisin Germain, barman amateur d’antiquités, Maurice le poète, les soeurs Théberge, Godin le soulard et l’aimable propriétaire de l’épicerie Phong, il se construit un Hochelaga mythique en faisant de ce quartier pauvre de Montréal un lieu éminemment romanesque.
« J’ai voulu faire le même travail que Michel Tremblay avec le Plateau-Mont-Royal, afin de le faire connaître et aimer en le dépeignant d’une manière tendre et lucide », indique l’auteur.
Dans son plus récent roman, paru aux éditions Guy Saint-Jean, le quartier est un personnage à part entière, au même titre que ses habitants.
« C’est un quartier qui vit une réalité dure, où les résidants prennent leur joie où ils le peuvent. Le bonheur, on le mérite là plus qu’ailleurs. C’est une misère ordinaire, et ce n’est pas parce qu’elle est silencieuse qu’elle est plus facile à vivre. J’ai voulu rendre hommage à cette réalité », souligne l’auteur.
Le livre fait suite à Amour.com, dans lequel le personnage principal cherchait une compagne sur le Web. Dans Hochelaga, mon amour, il revient dans le réel.
Les dialogues avec ses deux amis d’enfance sont l’occasion d’évoquer la complexité des rapports avec la gent féminine.
« La question de l’engagement amoureux préoccupe beaucoup les hommes d’aujourd’hui. Les anciens moules ont été brisés. Les hommes se retrouvent devant des demandes contradictoires. On ne veut plus de mâle rose, mais on veut qu’il exprime ses émotions. L’homme se sent écartelé », estime-t-il.
Michel Legault a hésité à l’adolescence entre devenir journaliste ou écrivain. Il s’est donné 20 ans pour prendre rendez-vous avec l’écriture romanesque, « après avoir sauvé la veuve et l’orphelin », blague-t-il.
Journaliste pour des magazines spécialisés, son enquête sur les implants mammaires publiée au début des années 1990 dans une revue de consommation a conduit le ministère de la Santé à suspendre la distribution de ces produits et a donné lieu à plusieurs recours juridiques.
Il dirige actuellement la revue Bien grandir, un magazine mensuel gratuit qui donne des conseils aux parents pour élever leurs enfant.
Les aventures de Max ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Son créateur a encore beaucoup à dire sur les rapports amoureux. « Je revendique mon côté romantique, clame-t-il. À l’ère des médias froids comme Facebook ou Twitter, il est essentiel de sauver le romanesque !»
Retour dans Hochelaga pour Michel Legault
Il y a toujours quelque chose qui ramène Michel Legault dans Hochelaga, quartier où il a passé une partie de son enfance et de sa vie d’adulte. Installé aujourd’hui dans Mercier–Ouest, l’auteur et journaliste amène le lecteur à découvrir les fondements de son attachement à cet endroit dans Hochelaga, mon amour, deuxième volet des aventures de Max Saint-Louis, son double romanesque.
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