Selon les statistiques de l’Association de santé mentale, un Canadien sur cinq risque de souffrir de troubles mentaux au cours de son existence. Malgré tout, cette réalité demeure tabou. Afin de mieux comprendre cette maladie et les traitements qui l’entoure, le groupe Reprendre pouvoir donne la parole à ceux qui ont recours à des services en santé mentale.
Fondé en 2008, le groupe s’appuie sur le concept que « personne ne connaît mieux les services de rétablissement en psychologie que ceux qui en bénéficient ». L’association, composée exclusivement de personnes souffrant ou ayant souffert de troubles psychologiques ou psychiatriques, vise à mettre à profit leurs expériences. Il ne s’agit pas d’un groupe de revendication ou de défense des droits des patients, souligne Robert Sargent, chargé de projet, mais plutôt d’un organisme qui travaille en étroite collaboration avec les acteurs du milieu de la santé, notamment l’hôpital L.-H. Lafontaine.
« On sert le réseau de la santé. On nous invite à participer à des comités et des tables de travail. Ça permet aux professionnels de revoir la façon dont ils dispensent les services.
« C’est de la collaboration. Nous sommes complémentaires à deux autres savoirs : le savoir-faire des experts et le savoir-être de ceux qui sont sur le terrain. Nous, nous avons le savoir expérientiel. C’est comme la Sainte Trinité », estime M. Sargent.
Cette démarche s’inscrit dans le processus de réadaptation des malades et contribue à leur réinsertion sociale et des milieux de travail.
Des rencontres – sous forme de forums, de comités et de groupes de discussions – sont organisées toutes les deux semaines, dans les locaux situés au 7025, avenue Rondeau.
Des activités sont aussi offertes dans deux autres locaux, situés sur les rues Jarry et Sherbrooke.
L’organisme a décidé de s’installer à Anjou notamment en raison de l’ouverture d’esprit démontrée par les entreprises, les élus et les organismes communautaires.
Projets d’avenirPlusieurs projets attendent l’équipe de Reprendre pouvoir. L’organisme souhaite établir des partenariats avec d’autres établissements de santé mentale, particulièrement l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et l’Institut Douglas, rattaché à l’université McGill.
Les membres caressent également le rêve d’obtenir une reconnaissance et une certification de ses usagers, comme c’est le cas auprès de l’Association québécoise de réadaptation psychosociale (AQRP).
« Avec une formation, le patient est annexé à une équipe de soignants et peut aider des gens dans le besoin. C’est l’AQRP qui dispense cette formation-là. Ça dure deux semaines, puis il y a un stage en entreprise. Il reçoit ensuite une accréditation qui est reconnue par l’Université Laval », explique-t-il.
Toutefois, le plus gros défi à relever demeure celui de faire tomber les préjugés persistants entourant la santé mentale, et ce, même chez les experts.
Pour en savoir plus sur l’organisme Reprendre pouvoir, ou pour participer aux activités proposées, on consulte son site Internet (www.reprendrepouvoir.org) ou on communique avec Robert Sargent au 514 728-6391, poste 335.
