J'ai assisté aux activités sur le projet de la rue Notre-Dame et j'en sors outrée et en colère. Le projet a certainement de bons côtés : modernisation d'une route qui est à l'heure actuelle problématique, rejoindre les parcs Morgan et Champêtre, accès aux vélos et aux piétons. Mais il est d'abord et avant tout inacceptable d'accorder autant d'espace à la voiture : huit voies et parfois 12, ce qui augmentera le nombre de voitures considérablement, alors que la logique veut le contraire. On se fait dire par la Direction de la santé publique que ce projet est extrêmement néfaste pour la santé des citoyens qui vivront tout près: naissances prématurées ou de très petits bébés, problèmes respiratoires. Aurait-on fait, ou plutôt imposé, un tel projet à Outremont? Les voitures ne pourront sortir qu'à Pie-IX. Qu'adviendra-t-il du développement de la rue Sainte-Catherine qui déjà, essaie de survivre?
Il serait temps que les élus travaillent pour faire de Montréal une ville de son temps, c'est-à-dire d'accorder plus d'importance aux transports collectifs comme le font Paris, Londres, des grandes villes d'Allemagne; restreindre l'accès aux voitures mais pour cela, il faut investir dans un système de transport en commun efficace.
Lors de la consultation du 24 janvier à la Maison de la culture Maisonneuve, la colère des citoyens était palpable. On nous fait croire que le projet ne sera pas plus polluant qu'il l'est maintenant, que c'est un projet extraordinaire, mais on se fiche de savoir si nous voulons quatre, huit ou 12 voies. On nous questionne sur le petit mur qui séparera la voie cyclable: le veut-on en ciment, en verre, ou voulons-nous une petite butte? Moi, je ne veux pas faire du vélo à côté d'une autoroute, pas même avec un masque à gaz, ou envoyer mes enfants à l'école avec leur pompe d'asthmatique. On nous donne un ou deux bonbons (parc Morgan et Bellerive) pour mettre de l'avant un projet qui me semble être fait pour les citoyens des banlieues, pour qu'ils puissent venir à Montréal seul dans leur voiture en 20 minutes, pour environ 5-10 ans, mais, plus il y a de place pour la voiture, plus la voiture en prend, et tôt ou tard, le bouchon reviendra.
Quoi qu'il en soit, il y a ici matière à faire couler beaucoup d'encre et j'espère que la décision finale sur le projet sera prise dans l'optique du bien-être des citoyens, pas individuellement pour leur donner le droit d'aller rapidement au centre-ville en auto, mais collectivement pour leur santé. Maintenant, il en est du rôle des médias d'informer les gens du quartier, de gratter à savoir pourquoi le maire et les élus endossent un tel projet.
- Geneviève Guérin, citoyenne du secteur