Le président des défunts Archers, Pierre Robinette, soutient que la démographie du secteur d’Hochelaga-Maisonneuve est la principale cause de cette triste nouvelle.
« On a tout essayé pour garder le programme des Archers ouvert, mais on savait que la réalité nous rattrapait. Ça faisait deux ans que nos équipes atome et moustique jouaient "sur les fesses", dit-il. Peut-être que nous allons revenir un jour, mais seulement si on note un changement dans la démographie du quartier. »
À titre d’exemple, la formation atome ne disposait que d’une quinzaine de joueurs, voire moins, lors des deux dernières saisons. Les Archers ont perdu plusieurs matchs par défaut en raison d’un manque d’effectifs.
« Chaque match, on devait faire le décompte pour s’assurer que nous respections la limite minimale de 12 joueurs. En plus, la Ligue Montréal-Métropolitaine a instauré cette saison un nouveau règlement qui impose une amende aux équipes qui ne se présentent pas avec assez joueurs », fait remarquer M. Robinette.
Ce risque ne valait pas la peine d’être couru, considérant le budget précaire de l’organisation. « Il ne faut pas oublier qu’il y a environ 25 à 30 % des joueurs qui ne payent pas leur saison, car leurs parents n’ont pas d’argent. »
Selon M. Robinette, cette amende salée peut s’élever jusqu’à 1000 $ par match (amende de base, salaire des arbitres et autobus des visiteurs si la rencontre est présentée à domicile).
Des joueurs répartis partout
D’années en années, les joueurs du quartier Hochelaga-Maisonneuve s’alignant avec les Archers ont diminué progressivement. En 2009, M. Robinette rapporte qu’à peine plus de 50 % de ses membres résidaient dans le secteur.
Il y a donc eu des phases de recrutement effectuées dans les territoires neutres de l’est métropolitain (arrondissements n’appartenant à aucune organisation civile). Ainsi, plusieurs de joueurs de Mercier, Montréal-Est, Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies se sont greffés aux Archers.
Qu’à cela ne tienne, puisque l’organisation n’avait pas le droit de tenir des pratiques et des matchs à l’extérieur de son quartier, plusieurs joueurs ont préféré demeurer chez eux. « Les joueurs qui habitaient loin du parc Champêtre revenaient très tard à la maison. Et quand c’est un soir durant la semaine, avec l’école et tout, ce n’était pas idéal. »
Résultat, les Archers ont cessé leurs activités et les joueurs de l’organisation ont dû se trouver une nouvelle équipe pour la prochaine saison. Ils évoluent maintenant un peu partout dans le Grand Montréal. On parle de Saint-Léonard, Jeunesse au Soleil, Boucherville et Lanaudière.
Place aux Bouledogues
Le retrait des Archers a eu l’effet d’un « deuil » pour Pierre Robinette et ses bénévoles, qui œuvrent au sein l’organisation depuis près d’une décennie. Mais d’un autre côté, le mois de septembre marquera la naissance des Bouledogues de l’école secondaire Édouard-Montpetit.
Annoncé au printemps dernier, ce programme de football sport-études accueillera près d’une centaine de joueurs, répartis en deux formations de calibre AA. Elles évolueront dans les divisions cadet et juvénile de la Ligue du Lac Saint-Louis.
« C’est drôle à dire, mais les jeunes ont tous hâte de recommencer l’école », sourit Pierre Robinette.
Les Bouledogues amorceront leur saison au parc Champêtre à compter du 2 septembre. L'ouverture officielle devrait avoir lieu cinq jours plus tard.
Cette année, les équipes cadet et juvénile partageront le terrain avec l’équipe senior des Cerbères de Montréal-Est. Ainsi, au lieu des six équipes en 2009, elles ne seront que trois à évoluer sur le bord de la rue Notre-Dame. Moins utilisé, le terrain de football sera probablement dans un meilleur état pour les séries éliminatoires, mais c’est bien le seul point positif concernant le départ des Archers.
