Sur la corde à linge… sur la corde raide!



Sur la corde à linge… sur la corde raide!

Sur la corde à linge… sur la corde raide!

Publié le 7 Août 2007
Publié le 16 Février 2010
Yannick Pinel  RSS Feed

L'adage commande que le linge sale soit toujours lavé en famille. C'est ce que font les centres communautaires du Québec depuis 2001. Mais aujourd'hui, jugeant que la saleté est plus que tenace, et qu'un certain membre de la famille a failli à la tâche, en l'occurrence le gouvernement du Québec, les centres communautaires étalent leur problème au grand jour, sur une corde à linge. Une métaphore signifiant que les centres sont sur la corde raide et qu'ils sont à sec.

Sujets :
Fédération québécoise des centres communautaires , Centre communautaire Roussin , Centre récréatif , Québec , Relais du Bout , Pointe-aux-Trembles

La saleté dont il est question symbolise le problème récurrent de financement provincial qui fait rager les centres communautaires du Québec. Un financement qui est demeuré le même depuis 2001. La Journée corde à linge, qui s'est tenue le 30 juillet chez une cinquantaine de centres membres de la Fédération québécoise des centres communautaires de loisir (FQCCL), avait pour objectif de dénoncer cette problématique. Pour y remédier, la FQCCL réclame que le financement des centres communautaires soit rehaussé – une somme de 2,3 M$ est demandée - et que des indexations annuelles s'ensuivent.

Deux centres communautaires de l'arrondissement Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles ont participé à cette journée de visibilité, de dénonciation et de mobilisation. Il s'agit des centres communautaires Roussin et Relais du Bout. Pour l'occasion, tous deux avaient installé une corde à linge, sur laquelle trônaient un chandail emblématique ainsi que des témoignages d'enfants, d'adolescents et de personnes handicapées rappelant l'amour qu'ils ont pour leur centre.

Des activités « communautaires » inabordables?

Si les montants que les centres communautaires reçoivent annuellement en provenance de Québec n'ont pas augmenté depuis 2001, on ne peut en dire autant des dépenses encourues. « Tous nos coûts augmentent », confie Michel Parent, directeur général du centre Relais du Bout. Même son de cloche du côté de Pierre Roy, directeur général du Centre communautaire Roussin, et de Sophie Desmarais, directrice générale du Centre récréatif et communautaire (CRC) Saint-Donat. En fait, à tour de rôle, les trois directeurs généraux nous ont énuméré quelques-unes des augmentations qui leur font la vie dure: le salaire des employés, les factures de chauffage et d'électricité, le coût de la vie, etc. De nouvelles réalités financières qui posent un défi majeur: maintenir une programmation et des services accessibles à tous alors que les besoins de la population sont de plus en plus importants.

« En raison du sous-financement des centres communautaires, nous devons augmenter le prix de nos activités. Si ça continue, bientôt, certains citoyens n'auront plus les moyens de venir ici », s'insurge Pierre Roy. « Les parents ont de moins en moins d'argent dans le quartier. Imaginez, nous offrons des rabais à 48 enfants dont les parents sont en situation de précarité », de renchérir Michel Parent. « Sans compter que ça tue toutes nos bonnes idées. Nous avons beaucoup de projets qui ne se concrétisent pas par manque d'argent », signale Mme Desmarais, s'avouant tout de même chanceuse d'avoir à sa disposition plusieurs salles dont la location lui permet d'arrondir les fins de mois.

Malheureusement, certains sont moins chanceux. Pensons à M. Parent. Son organisme reçoit une enveloppe annuelle de 15 000 $ en provenance de Québec. « C'est nettement insuffisant. Nous avons au moins besoin du double. » Avant que la FQCCL décide de tenir sa Journée corde à linge, le centre Relais du Bout avait déjà fait des pressions auprès du député de Pointe-aux-Trembles, André Boisclair. « On a reçu une lettre qui disait qu'il avait reçu notre lettre », soupire M. Roy.

Aux dires de la FQCCL, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a fait un « très petit pas dans la bonne direction » dernièrement, lorsqu'elle a consenti quelque 250 000 $ supplémentaires aux centres communautaires. « Québec n'est pas le seul palier gouvernemental à ne pas indexer notre financement. Les autres paliers en font autant. La FQCCL ne fait des pressions qu'auprès de Québec, car elle est de juridiction provinciale », fait remarquer Pierre Roy, le directeur général d'un centre qui reçoit quotidiennement entre 325 et 340 jeunes. La lumière au bout du tunnel, il n'en aperçoit pas la moindre parcelle: « Le sous-financement finira par nous rattraper. Certains centres communautaires ont même songé à ne pas offrir de camps de jour cet été. »

Écrire un commentaire

Écrire un commentaire

Ce formulaire ne sert pas à envoyer l’article à un ami. Svp, utilisez le lien «Envoyer à un ami» en haut de la page pour ce faire.

Le Flambeau de l'Est n'est pas responsable des commentaires ci-dessous. Veuillez par contre, rester poli et respecter le sujet de la discussion. Si vous êtes membre, connectez-vous.

(Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct
loading...

Publicité