La définition du multiculturalisme si chère à M. Trudeau constituait à accepter l’ethnicité comme nouvelle base de l’identité canadienne. Devant la montée du nationalisme québécois, Trudeau créa une enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Cette approche subtile éluda la question de la reconnaissance écrite de la nation québécoise. Le tout fut confirmé lors du rapatriement de la constitution en 1982.
Le cheminement difficile et cahoteux de la mise en marche du cours d’éthique et de cultures religieuse présente une similitude avec l’approche précédente: ignorer et masquer. Le vrai problème dans ce cas-ci concerne l’application de la laïcité. Avons-nous peur à ce point de nous affirmer comme État laïque? La réponse est plus qu’évidente, c’est oui.
Le gouvernement Charest, aidé de ses spécialistes, nous a concocté un menu bien apprêté avec un brin de morale, un fin soupçon d’accommodements raisonnables, une cuillerée de notion de responsabilité et une lampée de cultures religieuses. Le tout arrosé d’une sauce béchamel appelée multiculturalisme. Méchant mélange qui va tourner au vinaigre!
À quand un cours qui enseignera tout simplement le civisme et le respect de nos lois? Nous avons la responsabilité d’aider nos enfants à devenir des êtres respectueux et responsables et je n’ai pas besoin de la religion pour me dicter le chemin à suivre. Depuis 1960, nous avons grandi raisonnablement et il n’est plus nécessaire d’être attaché aux mamelles de l’Église.
- Michel Charest