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Des jeunes privés de jouer au hockey dans la rue

Steve Caron par Steve Caron
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Article mis en ligne le 14 mai 2007 à 13:11
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Des jeunes privés de jouer au hockey dans la rue
Les enfants sont-ils devenus une nuisance ? Certains parents de Mercier-Est croient que c'est le message qui est véhiculé dans leur quartier.
Jessy et ses amis adorent jouer au hockey. Hiver comme été, ils forment deux groupes et pratiquent leur sport préféré dans la rue, sous les yeux attentifs de leurs parents et voisins. Lors des grandes rencontres de la Coupe de la rue de St-Just, on compte tout au plus une douzaine de jeunes hockeyeurs. Ces joueurs, âgés de 6 à 12 ans, s'amusent après les heures de classe, généralement jusqu'à l'heure du bain, soit vers 19 h ou 19 h 30.

Dernièrement, des policiers ont rencontré les jeunes pour leur interdire de jouer dans la rue. Une plainte pour nuisance aurait été déposée. Ils leur auraient plutôt suggéré d'aller jouer dans une autre rue ou encore, dans la cour de l'école Boucher-De La Bruère. Cette solution est apparue invraisemblable aux parents concernés.

« Les enfants se sont approprié leur environnement pour y jouer en toute sécurité. Pourtant, on leur recommande de s'éloigner avec tous les risques que cela comporte. Actuellement, dès qu'un sportif pleure, plusieurs portes s'ouvrent et des adultes interviennent aussitôt pour calmer le jeu », note Nicole Trudel, une grand-maman du quartier.

Cette dernière est convaincue que si les jeunes habitaient en banlieue, le problème ne se poserait même pas.

« La qualité de vie d'un quartier repose sur la cohabitation harmonieuse de personnes d'âges différents. On ne peut favoriser un groupe au détriment d'un autre. C'est ce qui se passe dans ma rue. Je ne crois pas que la solution est d'expédier les enfants ailleurs, d'autant plus qu'aucune raison valable autre que le tapage n'a été invoquée. Pourtant, tous les enfants sont rentrés tôt pour cause d'école le lendemain. C'est à n'y rien comprendre. »

Chaque année, des milliers de jeunes familles quittent Montréal au profit de la banlieue. Avec des exemples comme celui des hockeyeurs de la rue de St-Just, les parents ne sont pas surpris qu'il en soit ainsi.

« Le message que l'on entend est contradictoire. Le maire Tremblay veut attirer des familles à Montréal, mais on encourage l'intolérance de certains groupes de citoyens à l'égard des enfants. On prône le développement de projets intergénérationnels, mais quand les jeunes respirent la joie de vivre, on les brime. Les gens de ma génération, qui se plaignent souvent de solitude, devraient se réjouir de profiter d'un milieu de vie où le concept d'intergénération est devenu une réalité », déplore la grand-maman.

À une certaine époque, pas si lointaine que cela, jouer au hockey dans la rue était monnaie courante. Les jeunes rêvaient de devenir le prochain Maurice Richard et passaient des heures au grand air. Personne ne s'en formalisait.

« Je ne crois pas que des enfants qui jouent au hockey dans la rue jusqu'à 19 h ou 19 h 30 les jours de beau temps soit exagéré, mais si le plaignant était venu nous rencontrer, je pense qu'on aurait pu trouver une solution autre que celle de déposer une plainte aux policiers », estime Nathalie Blouin, la mère de Jessy.

Il existe une réglementation en vigueur qui stipule sommairement qu'il est interdit de gêner la circulation automobile. Des joutes de hockey dans la rue contreviennent à cet article, mais Claudine Béliveau, agente sociocommunautaire au poste de quartier 48, soutient que les policiers appliquent cette réglementation selon le contexte. Les décisions sont prises cas par cas et les constables n'interviendraient généralement que si des plaintes ont été faites ou que si la situation s'avère dangereuse pour les jeunes hockeyeurs.

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