Les commissaires de l'Office de consultation publique de Montréal ont écouté avec attention les questions et interrogations que les citoyens avaient à poser au promoteur du projet de développement du site Contrecoeur. (Photo : Patrick Deschamps)
La SHDM présente officiellement son projet
Consultations publiques sur le développement du site Contrecoeur
Après plusieurs mois d'attente, c'est finalement la semaine dernière que se tenaient les consultations publiques de l'Office de consultation publique de Montréal sur le développement du site Contrecoeur.
Les rencontres, qui se déroulaient les 14, 15, 16 et 17 mai, ont permis de prendre officiellement connaissance du projet de la Société d'habitation de Montréal (SHDM). En première partie des consultations, les commissaires et les citoyens présents se sont concentrés sur l'aménagement du projet et sur toute la question du transport.
Les intentions du promoteur sont de construire plus de 1600 unités d'habitation, contrairement aux 1800 unités envisagées précédemment. Ce nombre pourrait être revu à la baisse, selon la grandeur des unités qui seront construites, c'est-à-dire le nombre de chambres à coucher que compteront les unités de logement.
Sur le site, on retrouvera donc du logement social pour les familles et les personnes âgées, du logement privé, du logement abordable, des espaces verts, ainsi qu'une zone réservée pour des commerces locaux.
Toute la question de l'aménagement a fait l'objet de bien des questions de la part des citoyens. La densité du projet en chicote plusieurs. Ceux-ci estiment que les taux d'implantation, qui sont moins élevés dans la partie adjacente à l'arrondissement d'Anjou que dans le secteur de Mercier (25 à 40 % contre 50 à 70 %), contribuent à une iniquité envers les citoyens de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.
« Nous nous retrouverons avec tous les logements sociaux. Je ne suis pas contre le logement social, mais il ne faudrait pas transformer le site en ghetto. Je pense qu'il y aurait moyen d'équilibrer le tout pour une meilleure répartition », de souligner en substance plusieurs citoyens.
Au dire du promoteur, cette façon de faire tient compte d'une meilleure intégration du projet sans oublier la question pratique. Il est plus logique de construire les unités pour les personnes âgées à proximité des installations du CLSC et du transport en commun près de la rue Sherbrooke, plutôt que de les construire complètement à l'autre extrémité du projet, note-t-il.
Le transport et la circulation automobile sur le site ont également été au cœur de nombreuses préoccupations. Des résidents des rues Eugène-Achard et Jacques-Porlier ont souligné l'importance de bien configurer la grille des rues pour que les résidents des secteurs déjà existants n'écopent pas d'un trafic routier insupportable. La création d'un lien nord-sud, à l'est du site, pourrait être une alternative contre la congestion d'Eugène-Achard.
En ce qui a trait aux espaces verts du site, des gens croient qu'on aurait pu en augmenter la superficie plutôt que de se contenter de la norme généralement en vigueur de 10 %. Le promoteur a répliqué que dans l'arrondissement d'Anjou, à proximité du site, le conseil d'arrondissement avait prévu un espace vert, bien qu'il ne soit pas sur le site même de Contrecoeur, qui ferait passer le pourcentage de 10 à presque 20 %.
De plus, sur le site, on retrouverait une esplanade piétonnière et de nombreux arbres, soutient Jean-François Bertrand, de la SHDM. Malgré les explications de M. Bertrand, cela n'a pas semblé rassurer les citoyens.
D'ailleurs, plusieurs sont demeurés sur leur faim et ont déploré le fait de ne pas toujours avoir des réponses claires à leur question. Certains pourparlers sont toujours en cours et ceux-ci pourraient avoir une influence sur le projet final. Cela a fait dire à un citoyen que la SHDM se gardait une marge de manœuvre pour satisfaire les résidents du secteur et que le projet présenté n'était peut-être pas aussi final que les gens pourraient le penser.
Lors de la seconde partie des consultations, le thème abordé a été celui de la cohabitation résidentielle-industrielle. Dans ce segment, les impacts de la Carrière Lafarge et de ses nuisances ont été abordés.
Des citoyens ne comprennent pas qu'on veuille construire un développement domiciliaire aussi près de la carrière. Actuellement, des résidents se plaignent de désagréments causés par l'exploitation de la carrière tels que les vibrations et le bruit. Selon eux, c'est une décision insensée.
Pourtant, le promoteur affirme que dans les conditions actuelles d'exploitation de la carrière, les normes respectables de décibels peuvent être atteintes. Et il n'y aurait rien à craindre d'un déplacement des activités d'exploitation de la carrière.
« Il y a des discussions entre la Ville de Montréal et la Carrière Lafarge pour régir les aires d'exploitation afin que les activités ne se rapprochent pas des résidences », explique M. Gauthier, un représentant du promoteur.
Après avoir entendu les questions et interrogations des citoyens, les commissaires attendent maintenant leurs mémoires. À compter du 11 juin, la séance d'audition des mémoires débutera. Les gens ont jusqu'au 8 juin pour s'inscrire auprès d'Estelle Beaudry au 514 872-8510 ou à estellebeaudry@ville.montreal.qc.ca pour une présentation orale ou le dépôt d'un mémoire écrit.