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Fresque aux 1840 crânes

Raphaël Benedict expose au Jardin des Premières Nations

par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 1 août 2007 à 15:34
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Fresque aux 1840 crânes
Gros plan sur l’œuvre de Raphaël Benedict. (Photo: Patrick Deschamps)
Fresque aux 1840 crânes
Raphaël Benedict expose au Jardin des Premières Nations
L’œuvre gagnante du concours Murale éphémère est exposée depuis le 21 juin au Jardin des Premières Nations du Jardin botanique de Montréal. Cette grande peinture sur bois, créée en hommage au peuple abénaquis, véhicule un message d’universalité à travers l’archétype du crâne humain.
Accrochée sur l’un des murs extérieurs du pavillon d’interprétation, l’œuvre de Raphaël Bénédict ressemble de loin à un grand carré de huit pieds par huit pieds, couvert de motifs colorés. Mais lorsque l’observateur se rapproche, les motifs prennent une forme précise : des crânes. Distribuées de façon ordonnée sur 44 rangées et colonnes, les 1840 petites boîtes crâniennes de styles variés représentent les membres de la communauté d’Odanak, village abénaquis situé près de la rivière Saint-François, dans la région de Trois-Rivières. Parmi cette multitude de têtes, une cinquantaine d’espaces vides honorent les morts du passé et du futur.

Célébrant les cycles de la vie et les saisons de l’Homme, la fresque aux 1840 crânes intitulée « Sous la peau », n’a rien de macabre. « Certains crânes sont dessinés à la manière de graffitis ou de bandes dessinées, symbolisant la jeunesse de ma communauté », explique le peintre né d’un père abénaquis et d’une mère québécoise, et bachelier en Art de l’UTRQ. « D’autres sont ludiques, oniriques et même anatomiques, et reflètent la maturité, la connaissance et la sagesse. » En plus de rendre hommage à l’existence de chacun des individus de sa communauté d’origine, l’artiste utilise le crâne comme dénominateur commun à tous les Hommes, et réussit à transmettre un message plus large: sous la peau, tous et chacun se ressemblent.

Par son originalité, ses qualités techniques et son caractère identitaire qui rejoint la mission du Jardin des Premières Nations, ce tableau, réalisé sur deux panneaux de bois avec crayon de plomb, crayon feutre et acrylique, a séduit le jury de la cinquième édition du concours Murale éphémère, destiné aux artistes autochtones des 11 nations du Québec.
Jardin des Première Nations
Venir contempler l’œuvre de Raphaël Benedict est un bon prétexte pour faire une visite du Jardin des Premières Nations. Ce site, créé dans l’élan des célébrations de la Grande Paix de Montréal en 2001, rend hommage au lien privilégié qu’entretiennent les Amérindiens avec la nature et constitue le plus récent des jardins thématiques du Jardin botanique. Aménagé sur 2,5 hectares, il se divise en cinq zones: la forêt de conifères, la forêt de feuillus, le territoire nordique, le pavillon d’interprétation et les aires de rassemblement, où se déroulent des séances d’animation et des manifestations artistiques.

(Photo: Patrick Deschamps)

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