Concertation pour encourager les transports collectif et actif
Las des camions et des automobiles que l'on retrouve en grand nombre dans le quartier, la Table de concertation Solidarité Mercier-Est souhaite favoriser les transports collectif et actif.
La question du transport actif a été abordée lors du dernier café urbain de l'organisme. Ces rencontres, qui rassemblent les citoyens autour de thèmes différents, permettent à ceux-ci de discuter de certains enjeux du quartier en compagnie de spécialistes invités.
Le transport actif n'est pas un nouveau concept en soi, mais on en entend de plus en plus parler. Il traduit l'une des pratiques humaines les plus anciennes : se déplacer tout en étant actif physiquement. Au Québec, les modes de transport actif les plus utilisés sont la marche, le vélo et les patins à roues alignées.
Selon Daniel Bouchard, du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, le parc automobile a augmenté de 10 % entre 1998 et 2003. Cette hausse a des conséquences sur la santé des gens. On compte 6000 hospitalisations pour des causes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, tandis que 1500 piétons sont happés annuellement à Montréal. Les gaz à effet de serre, l'oxyde d'azote et les épisodes de smog sont toujours bien présents.
L'un des moyens pour améliorer la situation serait de mettre en place des mesures d'apaisement de la circulation, croit M. Bouchard. De décourager les automobilistes à utiliser leur véhicule par des modes alternatifs de transport, bref de redonner aux transports collectif et actif ses lettres de noblesse.
Un point de vue que partage Paul Lewis, professeur d'urbanisme à l'Université de Montréal, qui déplore la transformation profonde de la mobilité urbaine au profit des déplacements motorisés. Pour renverser la vapeur, il faudrait adapter l'automobile à la ville, réduire la place des véhicules, refaire l'équilibre entre les différents modes de transport et repenser la ville par des aménagements adéquats.
« Les aménagements de pistes cyclables et de trottoirs doivent être une priorité. Il faut améliorer la mobilité et l'accessibilité en réduisant la dépendance à l'automobile. Il faut penser au confort des clientèles qui utilisent le transport en commun, réduire la vitesse automobile et diminuer la distance d'exposition des piétons aux automobilistes », observe M. Lewis.
Heureusement, il existe des initiatives comme celle mise sur pied par Vélo Québec, « Mon école à pied, à vélo ! » Il s'agit d'un programme pour favoriser le transport actif s'adressant aux écoliers. Les écoles participantes peuvent compter sur le support de l'organisme pour élaborer un plan de déplacement sécuritaire aux abords de leur école, identifier des solutions et des priorités d'action ou encore, organiser des activités et des ateliers de cyclisme urbain.
Dans Mercier-Est, plusieurs éléments qui dissuadent le transport actif ont été identifiés. Des citoyens déplorent le manque de passages piétonniers pour traverser la voie ferrée, la vitesse de circulation des véhicules dans le quartier, l'absence de support à vélos à des endroits stratégiques, le nombre insuffisant de pistes cyclables et les zones scolaires mal indiquées et non respectées par les automobilistes.
À la suite du café urbain, un comité d'action en transport actif est en voie d'être créé. Sa tâche consistera à proposer des solutions et à sensibiliser tous les intervenants possibles afin que les transports collectif et actif deviennent une priorité pour tous les élus.