Les locataires du 1869-1873, avenue Jeanne-d'Arc, ne sont pas rassurés. Ils ont déjà été évacués deux fois de leur immeuble au cours des derniers mois.
Pas de party des fêtes, avenue Jeanne-d'Arc
Évacués deux fois de leur triplex de l'avenue Jeanne-d'Arc pour de courtes durées, les locataires sont très inquiets. Le 26 novembre dernier, un ingénieur a demandé au nouveau propriétaire d'exécuter certains travaux de solidification d'ici le 25 décembre. « En attendant, nous, on ne pourra pas fêter Noël comme tout le monde! », s'inquiète Collette Émond, résidente du rez-de-chaussée.
Tout débute le 12 août dernier lorsque Marie-Pascale Forget entend un grand bruit dans son immeuble. Des fissures apparaissent également au-devant de l'immeuble situé au 1869-1873, avenue Jeanne-d'Arc. Apeurés, les locataires appellent le 9-1-1. Les pompiers évacuent l'immeuble. Appelé en renfort, un inspecteur de la Ville de Montréal est dépêché sur place.
« Un premier rapport d'ingénieur permettait dès le lendemain la réintégration des occupants et demandait l'installation de supports temporaires », indique-t-on à l'arrondissement. Dès septembre, le propriétaire effectue quelques réparations temporaires. « Il a, par exemple, coulé du ciment et ajouté une poutre de métal dans la cave de service pour resolidifier. Avec ces travaux, on pensait que c'était réglé », indique Marie-Pascale Forget, qui habite le troisième étage..
En octobre, deuxième peur bleue: après un appel d'une locataire qui « sent sa toilette s'affaisser », les pompiers évacuent de nouveau l'immeuble où vivent 13 personnes en tout, pour quelques heures seulement. Alors qu'ils croyaient le problème réglé, les résidents se demandent maintenant quelle tuile leur tombera encore sur la tête.
Dès leur première visite, les inspecteurs avaient d'ailleurs recommandé aux locataires de ne « pas trop bouger, de faire attention », selon Colette Émond. « Je suis en train de faire une dépression avec tout ça. Je n'en ai pas dormi pendant des jours. Et, les logements assez grands pour moi et mes quatre enfants sont beaucoup trop chers. Ce ne serait pas mieux si je n'avais pas assez d'argent pour remplir mon réfrigérateur. »
Selon les documents fournis par l'arrondissement, les locataires ne seraient pas en danger dans l'immeuble. C'est pourquoi ils ont réintégré leur logis. Toutefois, l'ingénieur qui est chargé de fournir d'ici peu un rapport à la Division des permis et inspections, aurait insisté sur le fait que des poutres de soutien doivent être installées, ou la poutre réparés, surtout à l'approche des chutes de neige abondante. « Il nous a dit que le poids de la neige qui s'ajoute à celui des locataires, ça pourrait être dangereux », racontre Marie-Pascale Forget. Au dire des locataires, il faudrait également ouvrir les plafonds des salles de bain à tous les étages, pour vérifier que ce n'est pas pourri à l'intérieur.
Certains signes, apparents à l'œil nu, montrent toutefois que l'immeuble est en mauvais état. Des fissures sont apparentes sur la brique extérieure de l'édifice. Le plancher de l'appartement du troisième étage est visiblement penché vers l'intérieur et les murs sont craquelés. « Il n'y a plus personne qui ose venir nous visiter », s'alarme Mme Forget.
Au moment d'écrire ces lignes, l'arrondissement attendait le rapport de l'ingénieur chargé de la vérification de l'immeuble pour connaître la nature des travaux effectués et à venir. Le Flambeau n'a pas non plus réussi à joindre le nouveau propriétaire des lieux, qui a pris possession de l'immeuble en octobre dernier.