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Le PEC : 35 ans sous le signe de la mobilisation

par Anne-Marie Tremblay
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Article mis en ligne le 12 décembre 2007 à 17:38
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Le PEC : 35 ans sous le signe de la mobilisation
Sur la photo: Louise Montgrain, Claudette Lavoie, Yvon Brisson et Jacynthe Larouche, les quatre employés à temps plein du PEC en ont plein les bras. (photo:Éric Carrière)
Le PEC : 35 ans sous le signe de la mobilisation
Alors que le PEC célèbre son 35e anniversaire, les employés de ce premier centre d'éducation populaire à avoir vu le jour à Montréal sont à bout de souffle. Chaque année, leur budget diminue comme peau de chagrin et le PEC doit gratter les fonds de tiroir pour survivre.
Le 30 novembre dernier sonnait l'heure des célébrations pour le Pavillon d'éducation communautaire. Pourtant, l'ambiance n'était pas aux réjouissances. Les représentants de l’éducation populaire attendaient avec impatience le discours public de Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Il faut dire que la CSDM et les centres d'éducation populaire ont longtemps été à couteaux tirés. Tous les élus de Hochelaga-Maisonneuve, scolaires, municipaux, provinciaux et fédéraux, étaient également sur place.

Depuis la création du PEC, la commission scolaire, principal bailleur de fonds de l'organisme communautaire et propriétaire de l'ancien hospice qui abrite aujourd'hui le PEC, diminue son financement. Lors de sa fondation en 1972, le PEC était logé gratuitement dans cet immeuble jugé « excédentaire », l’entretien de l’immeuble était compris et l’organisme recevait du financement pour sa mission. Au fil du temps, la CSDM a cessé de fournir gratuitement la maintenance des immeubles et n’indexe plus sa subvention au coût de la vie. Ce qui revient à une baisse de revenus, explique Louise Montgrain, directrice du PEC depuis septembre dernier.

Ce n’est pas la première fois que le PEC se lance dans la bataille. En 1997, un grand camping de survie avait été organisé en plein mois de février pour sensibiliser médias et politiciens à la situation. Une action qui avait porté ses fruits puisque les députés de Hochelaga-Maisonneuve et de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Louise Harel et André Boulerice, avaient débloqué des fonds pour colmater la brèche.

En 2005, la commission scolaire a également repris une partie des locaux des Ateliers d'éducation populaire le Plateau pour y installer un volet de la formation aux adultes. Comme le plan triennal de répartition et de destination des immeubles vient à échéance en 2008, les six centres d'éducation populaire de Montréal, dont le PEC, sont craintifs.

« Il n'y a pas à s'inquiéter pour le PEC, insiste Diane De Courcy. Pour la CSDM, l'éducation populaire est fondamentale. C'est pourquoi nous y injectons près de 2 M$ par année. Ce qu'on ne peut toutefois faire, c'est augmenter la subvention », a-t-elle indiqué. « Nous sommes comme un vieux couple. Au début, notre mariage était heureux, il y a eu une lune de miel, puis une grosse chicane. Aujourd'hui, les choses vont mieux et nous sommes convaincus que nous devons rester unis. Je nous souhaite d'être un des plus vieux couples au Québec et de célébrer nos 100 ans de mariage. »

Des paroles publiques qui ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. La députée péquiste Louise Harel a tenu à souligner « l'intégrité » de Mme De Courcy, ajoutant du même souffle à quel point ces paroles sont rassurantes pour les gestionnaires de l'organisme.

Les centres d'éducation populaire réclament que les subventions soient au moins indexées au coût de la vie. Impossible pour la CSDM, a soutenu sa directrice. Pour un soutien financier supplémentaire, Diane De Courcy compte sur les autres bailleurs de fonds. En plus des revenus générés par les activités de l'organisme, le PEC touche également des revenus de l'enveloppe consacrée aux centres communautaires de loisirs.

« On nous prend pour du loisir, mais notre mission dépasse largement cela », indique Louise Montgrain. Il est vrai que, du premier coup d’œil, l’offre de services ressemble à cela, mais les cours de chants, les soirées de contes ou encore les joutes de pétanques ne sont qu’une des façons de rejoindre une population fragilisée. « Nous servons également d'accueil et de références pour les citoyens. En tout et pour tout, ce sont au moins 1500 personnes par semaine qui passent chez nous », ajoute la directrice.



Durant la soirée, Louise Harel n'a pas manqué de rappeler à quel point l'organisme a modelé le visage de Hochelaga-Maisonneuve. « C'est inouï de voir à quel point le PEC a été l'incubateur de nombreux organismes communautaires.» Même son de cloche du côté de Réal Ménard. qui a souligné qu'en prêtant ses locaux gratuitement à des groupes en formation, le PEC est devenu le berceau de l'Atelier d'histoire Hochelaga-Maisonneuve, du Chic Resto Pop, ou encore de la Puce communautaire. Aujourd'hui encore, le pavillon d'éducation communautaire abrite 13 organismes sans frais.

Le commissaire scolaire d'Hochelaga, Daniel Duranleau, a lui aussi rappelé à quel point l'organisme du boulevard Pie-IX est important pour sa communauté. « Le PEC est un lieu très accueillant pour les personnes fragilisées », indique-t-il, fort conscient de la situation de précarité où se trouve le centre. « Mais, on ne pourra jamais dire victoire », conclut-il.

(photo:Éric Carrière)

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