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Stopper la violence et la discrimination

par Anne-Marie Tremblay
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Article mis en ligne le 25 janvier 2008 à 19:21
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Stopper la violence et la discrimination
Sur la photo: Nathalie Morin, ethnologue, Angèle Labaie, participante, Isabelle Trottier, participante, Sophie Bourque, directrice de l'organisme et Mulumba M'Pela, participant. (Photo : Éric Carrière)
Stopper la violence et la discrimination
Depuis mai dernier, l'organisme GCC La violence, situé au HLM Hochelaga, a tenté de briser les barrières culturelles. Avec le projet Ethnologie urbaine, Québécois et citoyens des communautés culturelles ont mis de côté leurs différences lors d'une série d'ateliers pour diminuer la violence au sein de cet ensemble de logements sociaux.
Alors que Hochelaga-Maisonneuve ne compte que 14 % d'immigrants, tout près d'une personne sur quatre qui habite au HLM Hochelaga provient d'une communauté culturelle. Au départ, le projet piloté par Nathalie Morin, ethnologue, devait se centrer sur les façons d'approcher les différentes communautés, souvent plus difficiles à joindre par les projets traditionnels. Puis, de fil en aiguille, l'ethnologue a choisi d'intégrer les Québécois à sa démarche.

Il faut dire que les relations entre les diverses cultures sont tendues au sein du HLM. « L'idée derrière tout cela, ce n'était pas créer des liens interculturels, mais çela a fonctionné », explique Nathalie Morin. Alors qu'autrefois, deux clans distincts se dessinaient, il arrive de plus en plus que les couleurs de peau et les accents se mélangent lors des fêtes au parc situé à l'avant du HLM, par exemple.

Une réalité qu'a constatée Isabelle Trottier, maman de trois enfants qui a participé aux activités. « On ne sait pas toujours comment approcher ces différences. Mais il faut montrer le bon exemple aux enfants pour qu'ils ne reproduisent pas des comportements racistes ensuite. »
Augmenter le sentiment de sécurité
L'idée de cette série d'ateliers mijotait depuis longtemps dans la tête de Sophie Bourque, directrice de l'organisme. « En fouillant dans les archives, je me suis rendu compte que le sentiment de sécurité n'avait pas augmenté depuis plusieurs années. Nous avions atteint un palier. » Un sondage mené par l'équipe auprès de 31 locataires montre en effet que 71 % des répondants ont été témoins de violence, dont une forte proportion au sein du HLM ou du parc adjacent.
Après avoir épuisé les moyens traditionnels de prévention, la directrice et l'ethnologue ont donc décidé de rechercher les stratégies développées par les résidents pour contrer la violence. Jusqu'à maintenant, une vingtaine de personnes ont participé à la série d'ateliers. Par exemple, Mulumba M'Pela, congolais d'origine, tente de désarmer la violence avec un sourire. « Quand je suis arrivé au Québec, chaque personne me saluait et me souhaitait la bienvenue », une façon idéale de désamorcer les comportements agressifs d'après lui.

À cela s'ajoutent des dîners communautaires où les saveurs exotiques des quatre coins du monde sont au menu. « Le fait que les gens se mélangent, cela crée un réseau, les gens ont moins peur que s'ils sont chacun de leur côté », indique Nathalie Morin. Une véritable libération pour plusieurs participants, comme Angèle Labaie, Innue qui a vu le jour sur la Côte-Nord. « Parler de cette violence, cela a été une vraie thérapie pour moi. Ça m'a aussi permis de sortir de mon isolement, de mieux connaître certaines personnes. »

Dès le mois d'avril, la deuxième étape du projet s'amorcera. « Ce sera le moment de concrétiser les outils. Nous voulons laisser les résidents choisir les stratégies qu'ils désirent mettre de l'avant et les façons qu'ils utiliseront pour le faire », indique Sophie Bourque. Au cours des prochains mois, le projet devrait également faire des petits. Le groupe communautaire discute actuellement avec l'Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM) pour exporter le concept dans 12 autres HLM de la région montréalaise.

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