Notre-Dame : les élus municipaux incapables de justifier leur appui au projet d’autoroute
Le 19 février dernier, les conseillers municipaux de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ont donné une illustration assez peu édifiante de la manière dont ils prennent leurs décisions.
Une dizaine de citoyens s’étaient en effet déplacés pour demander à leurs élus des précisions sur leur appui au projet de transformation de la rue Notre-Dame. Or, ils sont repartis les mains vides, la période de questions se transformant rapidement en une série d’aveux d’ignorance de la part des conseillers. Les élus ont, entre autres, admis ne pas savoir: - qui patrouillera sur l’autoroute;
- qui en assurera l’entretien, et avec quels budgets;
- en quoi le projet améliorerait l’offre de transport en commun à l’est de l’autoroute 25;
- en quoi le projet améliorerait les problèmes liés au camionnage dans Mercier;
- comment le site de la fonderie, qu’on affirme vouloir développer, serait relié aux rues résidentielles et au boulevard Souligny;
- quels seraient les impacts réels et quantifiables du projet sur le trafic de transit dans les quartiers riverains.
Les élus sont bien forcés de reconnaître qu’ils ignorent les impacts qu’aurait le projet sur la circulation automobile, l’environnement et la santé publique. On doit en conclure, conformément au constat fait par le conseiller d’Hochelaga, que leur prise de position en faveur du projet relève plus de l’acte de foi que de l’analyse éclairée de faits tangibles.
Pour s’amender, ils affirment n’être que « consultés » dans cette affaire, qui relève de la Ville et du MTQ. Il aurait alors fallu à tout le moins qu’ils s’assurent de fournir une opinion éclairée. En lieu et place, les conseillers nous offrent un éloge de ce « bon » et « grand » projet, fondé semble-t-il, sur leur acceptation béate de l’argument des promoteurs selon lequel la nouvelle autoroute aura essentiellement pour effet de « canaliser » le trafic déjà existant. Doit-on leur rappeler qu’un tel argument ne peut résister à aucune analyse un peu sérieuse, tant le phénomène du trafic induit est aujourd’hui bien documenté? Quant aux effets négatifs du projet sur la santé publique, clairement démontrés par la Direction de la santé publique, nos élus n’en ont cure, puisqu’ils n’en touchent même pas mot dans leur mémoire. Doit-on y voir un autre exemple de pensée magique de leur part?
Nos représentants affirment avoir exigé la constitution d’un « comité de suivi » chargé de la prise en compte des préoccupations des citoyens. Cependant, les questions que le projet soulève quant à ses impacts sur la santé et l’environnement sont trop importantes pour ne faire l’objet que d’un suivi APRÈS la mise en chantier. L’évaluation pleine et entière des impacts du projet aurait plutôt dû PRÉCÉDER son approbation par les élus.
Dans toute cette affaire, nos conseillers nous conseillent bien mal. Il est plus que temps qu’ils retournent faire leurs devoirs.
- Julie Paquin, résidente d’Hochelaga-Maisonneuve