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Les enfants de Mercier-Est, pas prêts pour l'école?

par Anne-Marie Tremblay
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Article mis en ligne le 11 avril 2008 à 9:10
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Les enfants de Mercier-Est, pas prêts pour l'école?
Les enfants de Mercier-Est, pas prêts pour l'école?
Dans le secteur Mercier-Est-Anjou, 43,2 % des enfants ne sont pas prêts pour l'école lors de leur entrée à la maternelle. Le pire score à Montréal. C'est du moins ce que révèle l'étude « En route pour l'école! », publiée par la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal. Un résultat qui en a surpris plus d'un dans Mercier-Est.
L’enquête a été réalisée avec la collaboration d’enseignants de 200 écoles de Montréal. Elle dresse le portrait de la maturité scolaire des enfants de la maternelle (5 ans) dans cinq domaines : santé physique et bien-être, compétence sociale, maturité affective, développement cognitif et langagier, habiletés de communication et connaissances générales.

Les chercheurs ont établi une mesure globale de la maturité scolaire en regroupant les enfants vulnérables dans au moins un domaine pour chaque territoire de centre de santé et de services sociaux (CSSS) et de CLSC. Avec 43,2 % d'enfants considérés comme vulnérables, les écoliers de Mercier-Est et d'Anjou se retrouvent donc en tête de liste, aux côtés de quartiers comme Saint-Laurent, Montréal-Nord et Hochelaga-Maisonneuve. Les petits du secteur accusent un retard plus marqué en matière de maturité affective et de développement cognitif et langagier.
Des résultats surprenants
« Nous avons été surpris par les résultats. Nous ne nous y attendions pas du tout », indique Fabienne Audette, coordonnatrice de Solidarité Mercier-Est, organisme de concertation qui regroupe une cinquantaine de membres du quartier. Même réaction du côté de Catherine Harel-Bourdon, commissaire scolaire de Tétreaultville. Toutefois, difficile de tirer des conclusions en ce moment, préviennent les deux intervenantes. La DSP n'a pas encore dévoilé les résultats en détails pour chacun des secteurs. De plus, Fabienne Audette se questionne sur la méthodologie de la recherche, ce qui pourrait modifier les résultats de la recherche.
Une chose est sûre: même si la commissaire scolaire a été étonnée du résultat, elle était déjà consciente de certaines des problématiques soulevées par la recherche. « Il y avait déjà, dans le milieu, un certain nombre d'inquiétudes sur l'arrivée à la maternelle. » Par exemple, le personnel des écoles du quartier avait déjà souligné que plusieurs enfants accusent un retard de développement au point de vue du langage. « Nous avons des professionnels dans nos écoles, par exemple des orthophonistes, mais il y a une pénurie de ce côté », explique-t-elle. À tel point que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) doit se tourner vers l'étranger pour combler les besoins.
L'importance d'agir tôt
De plus, le portrait de Mercier-Est a changé au fil des années. Aujourd'hui, même si certaines écoles sont considérées comme défavorisées, aucune n'offre de prématernelle. La raison? « Il y a eu un moratoire sur l'ouverture de ces classes », explique Catherine Harel-Bourdon. La CSDM fait d'ailleurs des représentations auprès du ministère de l'Éducation du Québec pour que certains quartiers montréalais, dont Mercier-Est, puissent ajouter ce service destiné aux tout-petits. « Il est primordial d'agir tôt, souligne la commissaire scolaire. Surtout que ce ne sont pas tous les enfants de 4 ans qui fréquentent des centres de la petite enfance. »
De son côté, Fabienne Audette constate que plusieurs parents ne savent tout simplement pas comment préparer leur enfant pour la rentrée scolaire. « Il y a trop peu de communication entre le milieu de garde, les écoles et les parents », indique-t-elle, selon l'écho qu'elle reçoit des parents du secteur. Difficile de connaître les attentes du milieu scolaire face aux futurs écoliers et donc, de préparer correctement les enfants à leur première rentrée scolaire.

Une situation qui pourrait être encore plus flagrante chez les nouveaux immigrants, peu familiers avec les rouages du système scolaire québécois. Dans Mercier-Est, le nombre d'immigrants a également bondi dans le quartier. Seulement entre 2001 et 2006, il a augmenté de 23,4 %.
Un travail de concertation
Dès l'automne, les chercheurs prévoient rencontrer les intervenants et les acteurs des différents quartiers pour analyser la problématique. Un important travail de concertation devrait d'ailleurs se mettre en place pour dresser le portrait de la situation des tout-petits du quartier. Par exemple, Solidarité Mercier-Est a déjà entamé une démarche pour mettre sur pied une initiative 1, 2, 3 GO!, qui regroupe parents et intervenants autour des enfants de 0 à 5 ans. Cette étude permettra d'ajouter de l'eau au moulin pour mieux cerner leurs besoins.

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