David Gaudreau : « Ce qui prime, c'est la mélodie. La mélodie est au centre. S'il n'y a pas de mélodie, je ne compose pas. » (Photo : Michel Préville)
Amoroso : le romantisme conjugué en 14 temps
Un nouveau disque du compositeur-guitariste David Gaudreau
« David Gaudreau can always be relied upon to write an interesting piece with a memorable melody and harmonies ». Tout un compliment, quand on sait qu'il vient du magazine britannique Classical Guitar, une référence. Amoroso, le quatrième et plus récent disque de David Gaudreau, ne fera rien pour que soit modifié ce regard porté sur l'œuvre du compositeur-guitariste.
« C'est du David Gaudreau mur à mur », lance celui qui joue de la guitare depuis 40 ans. « C'est de la musique romantique. On n'en sort pas », dit-il. Qui s'en plaindra? Que ceux qui en ont contre la beauté lèvent la main!
Le disque compte 14 pièces aux titres qui annoncent bien la couleur : « Promenade au jardin », « Tendresse », « La ballade des amoureux », « Le sentier des murmures », « Romance pour deux guitares ». C'est doux comme une caresse. Se dégage du disque un parfum mélancolique que l'on associe à l'automne. Et justement, « l'automne, c'est ma saison, confie le compositeur. C'est là que mes mélodies viennent. »
On est en face d'une œuvre accessible. « Ce qui prime, c'est la mélodie, explique David Gaudreau. La mélodie est au centre. S'il n'y a pas de mélodie, je ne compose pas. Ça ne demande pas d'être un spécialiste, écouter cette musique. »
« Mon inspiration est puisée dans le quotidien », dit-il. Une pièce peut naître « d'une promenade au Jardin botanique, de la présence des enfants qui jouent dans la ruelle ».
« C'est instinctif. J'entends quelque chose qui m'amène quelque part, une note, un accord », confie celui qui ne se sépare jamais de son petit magnétophone. « Je pense à quelque chose et je le chantonne dans ma machine, dit-il. Ça peut traîner là pendant trois mois avant que ça ressorte. »
Tout comme pour Portraits, David Gaudreau a produitAmoroso conjointement avec Sylvain Lemay, des Productions d'Oz, « un passionné », dit-il. Les pièces ont été composées entre 2004 et 2007, sauf Nostalgie, la toute première œuvre qu'il a créée à l'âge de 16 ans.
« Je suis vraiment, vraiment content d'Amoroso, laisse-t-il tomber. Celui-là, c'est Portraits en mieux ». Lancé en 2004 et chaudement accueilli par la critique, Portraits était son premier disque qui proposait uniquement ses compositions. « Ce ne sera jamais démodé. C'est une musique complètement intemporelle, dit-il. Si je suis encore vivant dans 40 ans, je vais encore le trouver beau. »
« J'ai pris mon temps, relate David Gaudreau. Je composais trois ou quatre pièces, puis je les enregistrais. Le travail s'est échelonné sur deux ans. »
Comme pour Portraits, il a fait de l'église Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies son studio. Pour la prise de son, il a fait appel à Martin Léveillé, récipiendaire d'un Félix au dernier gala de l'ADISQ, pour son travail sur le disque Rhapsodies, du pianiste Alain Lefèvre. « Je me suis payé le "top". » Responsable du programme de la concentration guitare classique de l'école secondaire Marguerite-De Lajemmerais, David Gaudreau parle d'une « prise de son plus directe ». D'une guitare « brillante ».
Besoin de créer
« Avec Portraits, il y avait une urgence, signale le compositeur. Je l'ai fait contre vents et marées. Les critiques ont confirmé que je n'étais pas en train de faire un fou de moi. »
Pour David Gaudreau, « il faut apprendre à se faire confiance ». On ne doit pas se laisser paralyser par le regard des autres. « Il y a des gens qui ont peur de la critique. Il ne faut pas avoir peur. Il faut y aller à fond de train », soutient-il.
Depuis Portraits, il creuse le sillon de la création. Pas de retour en arrière possible. « Je n'enregistrerais plus une pièce qui l'a été maintes et maintes fois. Enregistrer une pièce pour la 100e fois, je ne vois pas l'intérêt. C'est vraiment le travail de création qui m'intéresse. »
« J'ai besoin de créer, avoue David Gaudreau. C'est ma façon personnelle de communiquer mes états d'âme aux gens. »
« Je suis plus à l'aise avec une guitare dans les mains », laisse échapper celui qui parle de « confidences musicales ».