Des citoyens ont pris d'assaut la rue Notre-Dame pour manifester contre le projet de modernisation de cette artère actuellement sur la table. (Photo : Patrick Deschamps)
Manifestation contre le projet Notre-Dame
Des centaines de personnes ont déambulé, dernièrement, rue Notre-Dame pour manifester contre le projet de modernisation de cette artère en un « boulevard urbain » à huit voies.
Les organisateurs de l'événement sont très satisfaits de la participation des gens. Ils espèrent que le gouvernement du Québec et l'administration Tremblay-Zampino ont bien pris note de l'opposition des gens et qu'ils agiront en conséquence.
Nous ne sommes pas contre la modernisation de la rue Notre-Dame, mais plutôt contre le projet actuellement sur la table. Il ne répond pas aux attentes des citoyens, soutient Carl Bégin, l'un des organisateurs de la manifestation et un membre de la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame.
M. Bégin souhaite plutôt que le gouvernement et la Ville de Montréal investissent dans un véritable projet vert qui mettrait l'accent sur les transports en commun et ne favoriserait pas davantage les automobilistes de la banlieue devant se rendre au centre-ville. Et selon lui, cela ne serait pas irréalisable, mais surtout, il ne serait pas trop tard pour réajuster le tir.
« Les données ne sont pas toutes ficelées. Il y a encore des négociations à venir avec le Canadien National (CN) et le Port de Montréal. Je demeure convaincu que les élus ne peuvent pas aller de l'avant avec le projet déposé, car ça n'a aucun bon sens », signale M. Bégin.
Parmi les gens présents à la manifestation, on retrouvait notamment des citoyens, des politiciens et des représentants de divers organismes (communautaires, économiques, de la santé, etc). Ce qui fait dire à M. Bégin que le dossier dépasse largement l'aspect local.
« Le post mortem de l'événement n'a pas encore eu lieu, mais il est clair que les Montréalais sont préoccupés par le projet. Il ne s'agit pas que d'une poignée de gens de Hochelaga-Maisonneuve. »
Il est trop tôt pour dire si d'autres manifestations du genre auront lieu, mais M. Bégin ne veut exclure aucune possibilité. Il se dit prêt à tout pour empêcher le projet actuel de se réaliser.
Un projet qui bat de l'aile ?
Par ailleurs, la firme Convercité, celle qui a mené les consultations publiques dans ce dossier, n'a toujours pas diffusé son rapport. Certaines sources affirment que c'est parce que l'entreprise tente de « ménager la chèvre et le chou » et que cela serait plus compliqué que prévu.
D'autres vont même plus loin et laissent entendre que les travaux ne débuteront pas en 2008, contrairement à ce qu'ont mentionné à plus d'une reprise la ministre des Transports, Julie Boulet, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay.
Il semblerait qu'un problème de crédits budgétaires soit à la source du problème. La députée de Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel, serait d'ailleurs sur le point de poser des questions à ce sujet à la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget.