Fermeture du jardin Monsabré
La culture de légumes est dorénavant interdite au jardin communautaire Monsabré. Une étude a révélé la présence de plomb et d'hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP), des substances nocives pour la santé.
C'est la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal qui a mené l'étude. Elle a analysé six échantillons dans environ 10 potagers et les niveaux de contamination en métaux sont tous inférieurs au critère B, ce qui représente des concentrations acceptables, mais pour lequel chaque cas est évalué individuellement.
Après une analyse plus poussée, des concentrations de plomb supérieures au critère C, représentant les concentrations maximales permises pour des terrains à vocation commerciale ou industrielle, ont été décelées.
La concentration de HAP est quant à elle supérieure aux critères RESC, tirés du Règlement sur l'enfouissement des sols contaminés, représentant les concentrations maximales permises pour enfouir des sols contaminés dans un lieu d'enfouissement autorisé. La DSP a estimé que les légumes seraient contaminés à ces endroits.
C'est pourquoi elle a recommandé de ne plus cultiver de plantes comestibles (légumes, fruits, fines herbes) directement dans le sol du jardin tant que des actions de réhabilitation n'auront pas été apportées au niveau des sols. La fermeture du jardin Monsabré représente la fermeture de 155 jardinets.
La décision de la DSP inquiète certains jardiniers de Monsabré, qui consomment les légumes ou fruits de leurs récoltes depuis plusieurs années déjà. Une citoyenne s'est d'ailleurs présentée au conseil d'arrondissement pour questionner les élus à ce sujet.
Je n'ai jamais été malade et j'ai toujours consommé mes légumes. Comment se fait-il que des terrains adjacents à ceux des jardins soient parfaits, malgré la présence d'une voie ferrée, et que ce n'est pas le cas du terrain de Monsabré ? Qu'arrivera-t-il au terrain ? À quel avenir est-il voué ?, a questionné la dame, qui craint qu'un projet résidentiel ne soit construit aux dépens des jardiniers.
« On ne s'amuse pas à fermer des jardins inutilement. La caractérisation des sols des jardins communautaires est une demande gouvernementale à la suite du rehaussement des normes en vigueur. Nous devons nous y conformer. Pour ce qui est de l'avenir du terrain, il est trop tôt pour prendre une décision définitive. Toutes les options seront analysées », de répondre la conseillère municipale Claire St-Arnaud.
D'autres jardinets de l'arrondissement ont également été condamnés. Une vingtaine de jardinets ont été fermés au jardin Souligny et une quarantaine au jardin BP Tétreaultville.
Les présidents des jardins touchés ont été rencontrés et pour permettre aux jardiniers de cultiver, l'arrondissement envisage de les relocaliser. Chaque cas sera étudié pour favoriser le plus harmonieusement possible les déplacements.
« Il est clair que nous tenterons de minimiser les désagréments. Nous ne déplacerons pas inutilement une personne âgée qui aurait des difficultés de transport dans un jardin situé à l'opposé complètement de son lieu de résidence. Les demandes seront étudiées cas par cas », de confirmer Richard Riopel, agent de développement à la division des sports, des loisirs et du développement social.
Au moment de mettre sous presse, la relocalisation n'avait pas encore débuté. L'arrondissement devra faire vite puisque selon ses propres règlements, les semis doivent être complétés le 1er juin.