(Photos: Patrick Deschamps)
Les policiers frappent
Les policiers ont porté un coup aux trafiquants qui gravitent dans Hochelaga-Maisonneuve. Vendredi, en matinée, ils ont effectué une série de perquisitions dans ce qu'ils jugent être des « piqueries ».
En tout, 11 personnes ont été arrêtées, huit femmes et trois hommes. Cinq de ces suspects devront répondre à des accusations de trafic de stupéfiants. Deux individus étaient en bris de condition et les quatre autres étaient recherchés en vertu de mandat d'arrestation. On a aussi saisi des stupéfiants, principalement de la cocaïne et du crack.
Les perquisitions ont eu lieu dans des appartements des rues Joliette, Adam, Davidson et Saint-Germain. On a entre autres visé le 1434, rue Joliette. Cet endroit a été la cible d'un cocktail Molotov, le 2 juin, au petit matin. Malheureusement, le cocktail Molotov a atteint un appartement voisin. C'est la chambre de deux bambins qui a été incendiée. La petite famille s'en est sortie indemne, mais les conséquences auraient pu être dramatiques.
Le commandant du poste de quartier 23, François Cayer, explique que le Service de police de la Ville de Montréal a décidé de riposter. On veut ainsi s'attaquer au phénomène de prostitution et de trafic de stupéfiants.
Dès qu'une piquerie se trouve dans un secteur, la qualité de vie aux alentours s'en trouve affectée. Non seulement le va-et-vient incessant peut être dérangeant, mais les incivilités et les désordres publics deviennent le lot des voisins. On parle de seringues qui traînent, de prostituées qui sollicitent, malgré la présence d'enfants, et de trafiquants qui rôdent. Les bouteilles cassées, les graffitis et les condoms font aussi partie du décor.
La vaste opération menée la semaine dernière fait suite à une enquête déclenchée après que plusieurs plaintes aient été déposées par des citoyens excédés par la situation et qui ont permis aux policiers d'étoffer leur dossier. D'ailleurs, des voisins des endroits visés ont pris la peine de remercier les policiers lors de leur passage. Une citoyenne s'est montrée soulagée, disant avoir enduré l'enfer pendant deux ans face à ses voisins de la rue Joliette.
Alors que des policiers mettaient un cadenas à la porte d'une autre piquerie, après avoir vidé les lieux, un citoyen a souhaité enfin retrouver la quiétude... au moins pour une fin de semaine.