L’écriture en soi
Vivre avec un trouble de la personnalité limite
L’être humain est son pire ennemi. Cliché éculé? Pas pour l’écrivain Étienne Gervais qui relate dans L’Ennemi en moi sa longue descente aux enfers. Atteint du trouble de la personnalité limite (TPL), le résident de Mercier témoigne de son expérience et offre des pistes de solution pour les personnes atteintes et leurs proches. Une aventure littéraire qui a débuté par un simple constat: « J’ai envie et besoin d’écrire quelque chose ce soir ». Près de 400 pages plus tard, Étienne Gervais renoue avec la vie.
« Si j’ai été aussi explicite dans mon livre, c’est parce que j’étais tanné de me cacher. Je suis comme cela. Les personnes atteintes de maladies mentales ont beaucoup à offrir à la société. Elles ont une perception de l’être humain particulière et une facilité à être touchées par les autres. Elles sont aussi très créatives. C’est important de réaliser que les personnes atteintes de maladies mentales font aussi de grandes choses », mentionne Étienne Gervais.
Dépression et anxiété sociale faisaient déjà partie de la vie d’Étienne Gervais avant ses 18 ans. Entreprenant des études collégiales en éducation spécialisée, il lâche tout à 19 ans. Il abandonne études, appartement, emploi, famille et file vers l’Ouest canadien afin de mettre fin à ses jours. Ce n’est qu’à 22 ans, après une nouvelle tentative de suicide et la perte d’une hanche, qu’il commence à vivre avec l’ennemi lui empoisonnant l’existence: le trouble de la personnalité limite.
Aujourd’hui âgé de 25 ans, l’auteur travaille à son second récit et donne des conférences afin de démystifier le TPL et les maladies mentales. « Le plus dur pour moi, c’est que ma maladie n’est pas écrite dans ma face. C’est comme si tu vivais deux vies en même temps. Tu ne sais plus qui tu dois être. Tu tentes de maintenir une vie normale, de travailler, de payer des comptes, mais en même temps, tu fais des excès et des niaiseries. »
Grand lecteur, Étienne Gervais a un faible pour les récits évoquant la Seconde Guerre mondiale. Il conseille d’ailleurs un livre aux personnes atteintes de TPL: Au nom de tous les miens, de Martin Gray.
Alors que le point final à son premier récit à été apposé, que retient-il de cette expérience d’écriture et de vie? « J’ai compris que je n’avais pas à me fier sur les autres pour bâtir mon identité. Il faut que cela vienne de moi-même. »
L’Ennemi en moi est publié aux Éditions Olographes.
caroline lacroix
Commentaire mis en ligne le 17 novembre 2009Bonjour, j'ai lu le livre et j'ai vraiment aimé car je suis convaincue qu'un de mes amis souffre de TPL. Je veux savoir s'il est possible de communiquer par internet avec Monsieur Gervais"