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Notre-Dame: un projet mort-né qui ne répond pas au besoin de mobilité

Article mis en ligne le 7 octobre 2008 à 10:33
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Notre-Dame: un projet mort-né qui ne répond pas au besoin de mobilité
En 2002, le rapport d'analyse environnementale du ministère de l'Environnement prédisait le retour de la congestion cinq ans après la mise en service de l'infrastructure autoroutière projetée. Depuis, le ministère des Transports (MTQ) réfute la théorie du trafic induit.
Selon le MTQ, 75 % des usagers actuels de la rue Notre-Dame sont montréalais. Devant le succès du prolongement du métro vers Laval, pourquoi ne pas investir dans un nouveau système de transport en commun de haut niveau dans l'axe est-ouest, entre le fleuve et la montagne? Les usagers, particulièrement en période de pointe, qu'ils proviennent de Montréal ou d'ailleurs en couronne, auraient une alternative économiquement viable.

Par ailleurs, bien que l'autorité portuaire de Montréal veuille tripler sa capacité de traitement de conteneurs, le projet de transformation de la rue Notre-Dame ne prévoit aucun accès pour desservir les terminaux de conteneurs et amener rapidement les plus de 1500 camions par jour vers le réseau routier supérieur. Pourtant, les principales voies d'accès à ces terminaux de conteneurs sont désormais localisées à proximité du pont-tunnel Lafontaine depuis son déménagement en 1978 du Vieux-Port. Pourtant, il y a 30 ans, cette relocalisation du port était justifiée par la proximité de l'autoroute!

Est-ce qu'un trafic d'exportation d'environ 1500 camions par jour peut justifier en 2008 une nouvelle autoroute de 10 km en milieu urbain? En 2008, il est beaucoup plus sensé d'optimiser la configuration approximative de l'échangeur Souligny datant de l'ouverture du pont-tunnel Lafontaine en 1967, soit dix ans avant l'arrivée des conteneurs du Vieux-Port. Enfin, un audit de sécurité a été réalisé mais les promoteurs refusent d'en divulguer les conclusions. Serait-ce que le projet de « modernisation », avec ses « feux intelligents », sa piste cyclable qui croise des brettelles d'entrée et de sortie et son absence d'accotement serait dangereux pour les usagers?

Comme le démontre une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les investissements en transport en commun rapportent à l'État beaucoup plus que les engagements en infrastructures autoroutières. Le gouvernement et l'administration municipale n'en ont cure. Ils proposent de nouvelles autoroutes en milieu urbain comme solution à des problèmes de congestion, et ce, malgré les impacts négatifs documentés sur la santé publique, l'environnement et le pouvoir d'attraction de la ville. Non seulement le projet Notre-Dame est néfaste à la vie montréalaise, mais il nuit au développement de la province.

- Carl Bégin

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