Notre-Dame et Turcot : l’opposition au développement favorise l’exode vers la banlieue
Des pétitions s’empilent contre les deux plus importants projets d’infrastructures routières de Montréal : l’échangeur Turcot et la rue Notre-Dame. Des groupes de citoyens s’opposent à ces deux projets au nom de l’écologie, de la promotion du transport en commun, de l’opposition à l’automobile, de la préservation intégrale des quartiers actuels ou d’une conception non définie du développement urbain.
Pourtant, ces deux projets sont devenus indispensables au développement de Montréal et même à une approche plus intégrée des divers modes de transport dans la métropole.
Commençons par l’échangeur Turcot. Il s’agit d’une infrastructure vieille de 40 ans, qui va bientôt poser des problèmes de sécurité, qui n’est pas particulièrement esthétique, qui défigure une partie du Sud-Ouest et qui est congestionnée pendant de nombreuses heures de la journée. On se serait attendu à ce que la modernisation de cette infrastructure, un projet de 1,5 G$, recueille un large consensus, d’autant que l’on va en profiter pour y mettre moins de béton et réhabiliter une partie du sud-ouest de la ville par la mise en valeur des terrains de l’ancienne cour de triage ferroviaire.
Il en va de même de la modernisation de la rue Notre-Dame. Là encore, la désuétude de ce boulevard urbain crève les yeux. On ne voit pas en quoi la qualité de vie des résidants serait rehaussée par le maintien de l’infrastructure actuelle. Bien au contraire, le projet de modernisation, qui va coûter 750 M$, va permettre non seulement une plus grande fluidité du transport routier, mais va faciliter l’aménagement de voies réservées au transport en commun et même au vélo. On va revamper un quartier qui en a bien besoin.
Non, dès que ces projets font appel à des grues, qu’on souhaite améliorer la circulation automobile et qu’il est porté par les pouvoirs publics, on doit s’y opposer. Dans la logique des opposants, il faudrait tout arrêter, faire fi des consultations qui se sont tenues depuis 2002, déchirer les ententes entre la Ville et le gouvernement du Québec et mettre tous nos œufs dans le transport en commun.
Le souci légitime d’améliorer le transport public n’enlève rien à la nécessité pressante de procéder aux travaux sur la rue Notre-Dame et à l’échangeur Trucot. Montréal a un urgent besoin de refaire une bonne partie de ses infrastructures. Privée de la modernisation de ses voies d’accès, Montréal continuera à se dépeupler et à voir ses entreprises et ses citoyens quitter pour la banlieue où la circulation est plus fluide. Est-ce bien l’objectif des opposants? Vider Montréal de ses résidents et de ses entreprises? Certainement pas. Mais c’est la conséquence à long terme des gestes qu’ils posent en ce moment.
Ces travaux dérangent, c’est évident. Certes, la population doit être consultée et divers scénarios doivent être étudiés avant d’arrêter les meilleurs choix. Mais en définitive, il faut arbitrer, décider et passer à l’action. Dans les deux projets en cause ici, ce n’est pas la consultation qui a fait défaut.
On ne fera pas du développement en prêtant une attention démesurée à des groupes qui s’opposent systématiquement à tout développement. Ils ont droit de parole. Les gouvernements ont la responsabilité d’agir.
- Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec
Daniel POITREAU
Commentaire mis en ligne le 1er septembre 2009Le problème de Montréal resssemble beaucoup à celui de Bordeaux. Un pont d'Aquitaine en panne trop souvent... une rocade sur saturée 7 h par jour au moins ...
Il faut très vite un grand contournement avec un pont sur la Gironde sous peine de trombose.
certes ce n'est pas agréable d'avoir l'autoroute dans son jardin, maiis c'est l'intérêt national autant que celuide Bordeaux. Et SVP pas de faux arguments écologiques qui sont pilotés de loin par les gros viticulteurs médocains.