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Vibrer au son de son violon

Marie-Ève Courchesne par Marie-Ève Courchesne
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Article mis en ligne le 6 décembre 2006 à 17:40
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Vibrer au son de son violon
Né en Moldavie, mais d’origine russe, le violoniste Sergeï Trofanov vit aujourd’hui à Anjou. (Photo : gracieuseté)
Vibrer au son de son violon
Pour souligner ses quinze années passées au Québec, le violoniste d’origine moldave Sergeï Trofanov vient de lancer Québec Passion, où il reprend de son instrument quelques airs populaires québécois.
Sergeï Trofanov ne fait pas que jouer de son instrument, il parle avec son violon. « Je suis moi », dit-il tout simplement avec son accent slave. Quand il « parle », c’est toutes les émotions et la poésie qui sont propres à ses origines qui transcendent.

Pour produire Québec Passion, Sergeï Trofanov a délaissé le temps d’un album ses mélodies tziganes, pour interpréter des airs de Jean-Pierre Ferland, de Gerry Boulet et de Michel Rivard, pour ne nommer que ces noms. « J’aime la musique des artistes québécois, dit-il. Ils ne sont pas commerciaux et sont très créatifs. Ils sont assez forts dans la poésie. » La sélection des pièces a été très difficile. « J’ai passé quelques mois à la bibliothèque d’Anjou à chercher des mélodies, affirme le musicien. Il y a de très belles pièces avec des paroles qui sont fortes, mais qui ont une mélodie plus simpliste. »

Né dans les années 60 en Moldavie, pays qui faisait alors partie de ce qui était l’URSS, Sergeï Trofanov a appris le violon auprès d’un tzigane, qui habitait près de chez lui. « Par la suite, j’ai fait le Conservatoire pour ma formation classique, explique-t-il. Il fallait que j’apprenne bien la technique et mon professeur était autodidacte. Le violon, c’est très compliqué. Ce n’est pas tout le monde qui peut jouer de cet instrument. Je pratique tous les jours, au moins, trois heures. »

Le violon est pour Sergeï Trofanov davantage qu’une carrière. « Je suis amoureux du violon. Je ne peux pas m’en passer, c’est ma vie », affirme-t-il catégoriquement.

Après la chute de l’Union soviétique, Sergeï Trofanov a pris la décision de quitter sa terre natale. « Comme mes parents étaient Russes, c’était devenu plus difficile là-bas, avoue-t-il, ne faisant qu’effleurer le sujet. Je me suis dit que je devais m’occuper de ma carrière internationale. »

C’est au Québec qu’il choisit de s’installer. L’intégration s’est bien faite et la langue n’a causé aucun problème. « Je savais déjà parler le français », précise-t-il. Il en a d’ailleurs profité pour étudier le chant.

Sa carrière se porte bien. Rencontré chez lui, dans son appartement à Anjou, il se préparait avec son orchestre Mondo Rhaspody Orchestra à s’envoler pour la Corée, où il doit présenter une série de concerts. « Je ne le savais pas, mais je suis une vedette là-bas. Davantage qu’ici », mentionne-t-il en souriant. À Séoul, il se produira devant plus de 2500 spectateurs, ce qui ne semble pas l’effrayer. Car Sergeï Trofanov dégage l’assurance et si la nervosité le guette, il le cache bien.

Pour ses concitoyens, Sergeï Trofanov présentera un concert intimiste à l’église Jean XXIII, le 9 février, à 20 h. « J’ai moi-même loué la salle. C’est la deuxième fois que je fais cela. C’est pour les gens qui habitent ici. Je n’annonce pas au centre-ville », termine Sergeï Trofanov.

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