Guy V. Amou, en plus d’être un écrivain prolifique et un expert en qualité dans l’industrie pharmaceutique, est aussi directeur des communications de l’organisme Force leadership africain. Présentement, M. Amou est à écrire un recueil de poésie.
(Photo: Patrick Deschamps)
Guy V. Amou lance son troisième livre, L’Hyène et l’Orfraie
Deux frères ennemis s’affrontent dans le décor de son enfance
L’écrivain Guy V. Amou a profité du « Colloque sur l’importance du fait culturel dans le rapport des immigrants africains à la vie citoyenne » pour lancer son troisième ouvrage, L’Hyène et l’Orfraie.
Ce livre conclut le triptyque consacré au Mono, la région natale de la famille paternelle de l’auteur, située dans le sud-ouest du Togo. Ce roman, paru chez L’Hamattan, voit la confrontation de deux frères ennemis, Anzin et Masoké. Ce dernier, après avoir quitté le village pour refaire sa vie ailleurs, revient dans son Mono natal.
Ce roman, inspiré par les images d’enfance de l’auteur et bercé par le rythme du parler des habitants de cette région, se veut l’itinéraire d’un enfant parti à 12 ans pour la ville. Celui-ci devient journaliste. Cela l’amène, malgré lui, à prendre des positions politiques. L’affaire tourne au drame.
Le thème du retour
Ses trois livres, Fils de tortue, le recueil de nouvelles Murmures du Mono et L’Hyène et l’Orfraie, trouvent tous leurs sources dans un même poème intitulé « Le Retour ».
Ses personnages quittent leur contrée pour une quête d’eux-mêmes à l’extérieur. Une fois leur quête accomplie ou déçue, ils reviennent pour vivre leur accomplissement, leur réalité profonde.
« Le retour à son village natal est une allégorie et non pas une fatalité ou une conception qui me serait propre », précise M. Amou, qui, lors du colloque, incitait les émigrants africains à défaire leurs valises et à véritablement faire du Québec leur nouveau milieu de vie.
« Chaque écrit est le récit de quelqu’un qui porte son histoire à travers les houles de son destin. »
En finir avec la dépendance
L’idée sous-tendant son œuvre veut que les Africains doivent en finir avec la logique du quémandeur.
« On ne doit pas être déserté par son amour-propre. On ne doit pas se complaire dans la dépendance », a lancé l’auteur. Cette réplique a suscité la discussion au sein des personnes ayant participé au colloque.
Même si tous semblaient partager cette opinion, il apparaissait difficile pour certains de voir comment cela pouvait se concrétiser dans des pays très pauvres, menés par des politiciens dirigistes et souvent corrompus.
« Si la Nature a donné une colonne vertébrale à l’Homme, c’est pour qu’il se tienne debout et pas pour qu’il rampe », a déclaré l’un des participants.
« Nous avons tous le choix de nous battre pour nous en sortir ou de nous comporter en valet », a ajouté un autre. Un dernier intervenant a dit plus poétiquement : « Si tu ne te bats pas, le sommeil gagne sur toi. »
Pour que sa déclaration soit bien comprise, l’auteur et poète a donné l’exemple du cul-de-jatte de son village qui, sur la place du marché, tressait des paniers et les vendaient pour subvenir à ses besoins. « Pourtant tout autour de lui, il y avait des mendiants qui avaient leurs deux bras et leurs deux jambes. »