Renée Dubeau, du FCPASQ, Jeannelle Bouffard et Geneviève Bonin, du CAP St-Barnabé, et Nicole Jetté du FCPASQ, ont lancé le 7 mars la recherche-action qui s'est échelonnée sur plus de trois ans.
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(Photo: Régent Gosselin)
Les femmes assistées sociales lancent un cri d'alarme
Pendant plus de trois ans, 210 femmes vivant dans la pauvreté ont témoigné de leurs difficultés dans une étude à laquelle a collaboré le CAP St-Barnabé, dans Hochelaga-Maisonneuve. Qu'elles vivent à Montréal ou en région, les femmes s'appauvrissent de plus en plus et le dilemme «manger ou acheter ses médicaments» demeure entier.
Elles sont devenues des femmes assistées sociales à la suite d'une grossesse, d'une séparation, d'une maladie, de violence conjugale ou encore de la perte d'un emploi. Elles se sentent souvent bafouées, humiliées et dégradées. Les femmes qui ont participé à l'étude présentée le 7 mars, la veille de la Journée internationale de la femme, au Carrefour d'entraide et de partage St-Barnabé, sont unanimes à décrier l'insuffisance des prestations d'aide sociale et les conséquences graves de cette pauvreté sur leur santé.
Premier constat: les conditions de vie des femmes assistées sociales se détériorent, notamment au niveau du logement, de l'accessibilité aux médicaments et du transport. «La première dépense que j'ai coupée, quand je me suis retrouvée à l'aide sociale, c'est dans la nourriture. Par la suite, j'ai coupé le téléphone, parce que je ne pouvais pas me payer un tel luxe», témoigne une participante.
La complexité du système bureaucratique de l'aide sociale n'aide en rien les femmes. Plusieurs d'entre elles témoignent des préjugés et du harcèlement administratif dont elles sont victimes. «Ça réveille du stress, il faut toujours fournir des papiers. Si je ne donne par un document, on m'accuse de mauvaise foi», témoigne une autre.
Sentiment de honte
Le plus difficile à vivre reste souvent la stigmatisation et le sentiment de honte ressenti par les femmes assistées sociales, indique Jeannelle Bouffard, coordonnatrice du CAP St-Barnabé. «Pour une des femmes de notre groupe, c'était la première fois qu'elle osait dire devant d'autres qu'elle était à l'aide sociale. Toute sa vie, même à ses enfants, elle avait caché sa situation, car elle en avait honte.» La violence conjugale, l'incapacité d'offrir à leurs enfants ce qu'ils demandent, se sentir à part des autres sont autant de difficultés dont souffrent les femmes assistées sociales.
Et le phénomène de la pauvreté est loin d'aller en diminuant dans le quartier. Même si on assiste depuis quelques années à l'arrivée de ménages plus aisés dans Hochelaga-Maisonneuve, l'écart avec les plus démunis se creuse. «Les pauvres sont de plus en plus pauvres. Au service de dépannage alimentaire, on voit plusieurs cheffes de familles travaillant à petit salaire qui n'arrivent pas à combler leurs besoins», souligne Mme Bouffard.
Pour contrer la pauvreté, le comité femmes du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) avance plusieurs pistes de solutions, comme la mise en place d'un revenu social garanti universel pour permettre que le travail «invisible» des femmes soit reconnu. «Cela permettrait à chacun d'être reconnu comme citoyen», croit Mme Bouffard.
Parmi les autres revendications: que les montants pour les enfants (pensions alimentaires et autres prestations) ne soient pas coupés à l'aide sociale, l'abolition de la notion de vie maritale dans le calcul des prestations d'aide sociale afin d'augmenter l'autonomie financière des femmes et une meilleure sensibilisation des agents aux différentes réalités des femmes, qu'elles soient immigrantes, victimes de violence conjugale ou souffrant de problèmes de santé mentale.
Pour de plus amples informations sur la recherche-action Femmes assistées sociales: La parole est à vous! , contacter le FCPASQ, 65, rue de Castelnau Ouest, bureau 302, Montréal H2R 2W3 ou au 514 987-1918.
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(Photo: Régent Gosselin)
normand Filiatrault
Commentaire mis en ligne le 30 juillet 2008j'aurais aimé avoir l'adresse internet du carrefour d'alimentation et de partage St-Barnabé inc. situé sur la rue Benett dans hochelaga-Maisonneuve
espérant une réponse rapide et positive
Reçevez toute mon attention et tout mon respect
n.Filiatrault
Ste-Marguerite-du-lac-Masson