Les travaux de décontamination du site Contrecoeur, qui ont débuté en février, laissent un goût amer au Comité pour le respect de l'environnement et du citoyen d'Anjou. Plusieurs arbres matures ont été abattus et le comité se plaint d'avoir été mis devant le fait accompli. (Photo : Patrick Deschamps)
Consultation citoyenne sur le site Contrecoeur
Des questions demeurent sans réponse
Le développement du site Contrecoeur préoccupe bien des citoyens. Plus de 300 personnes ont en effet assisté à l’assemblée d’information organisée par le Comité d’action du site Contrecoeur.
Les gens au courant du projet n’ont pas appris grand chose de nouveau. Les organisateurs de l’événement ont surtout rappelé les grandes lignes de ce projet domiciliaire et les interventions faites jusqu’à présent dans ce dossier.
Les résidents du quartier sont inquiets. Quelles sont les mesures qui seront prises pour limiter les nuisances liées aux travaux ? Quels sont les résultats des études d’impact ? Quel sera l’impact de la circulation dans le secteur ? Quel sera l’impact de ce projet sur l’environnement ? Les travaux débuteront dans quelle phase du site ? Comment s’assurera-t-on de bien harmoniser les nouvelles constructions avec celles déjà existantes ? À la période de question des citoyens, plusieurs interrogations sont demeurées sans réponse.
La Société d’habitation de Montréal (SHDM) aura fort à faire pour « vendre » son projet aux résidents. Lors de ses propres consultations publiques, qui seront menées par l’Office de consultation publique de Montréal en mai ou juin, elle devra d’abord répondre clairement aux questions des gens et ensuite les persuader, car plusieurs d’entre eux demeurent sceptiques. Ils ne sont pas convaincus que le projet est une excellente nouvelle pour l’est de Montréal.
« Le projet est beaucoup trop dense. Dans la partie nord du site, on construira des résidences à 500 000 $ pour les mieux nantis, alors que dans la partie sud, on multiplie les types d’habitation en les empilant les unes sur les autres. Le tout, à proximité d’une carrière qui cause bien des inconvénients aux résidents actuels », de commenter une citoyenne présente à l’assemblée.
Dans le contexte actuel, alors que la Ville de Montréal a de la difficulté à joindre les deux bouts et que l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve se plaint que sa dotation budgétaire est insuffisante, les discussions entre la ville centrale et l’arrondissement pour établir une dotation budgétaire équitable à l’arrondissement promettent d’être corsées. Certains propriétaires craignent de devoir en faire les frais.
« La construction résidentielle amène de nouvelles dépenses à un arrondissement. Notamment pour le déneigement, la cueillette des ordures et l’entretien des infrastructures. Si la dotation budgétaire de l’arrondissement est déjà insuffisante, j’espère que des ajustements seront faits. Si la ville centrale ne s’engage pas à retourner à l’arrondissement une partie suffisante des taxes qu’elle prélèvera sur les nouveaux propriétaires du projet domiciliaire du site Contrecoeur, nous devrons tous en subir les conséquences », estime M. Guénette, un participant fort attentif à l’assemblée et qui ne veut pas « subventionner » le projet.
« Dans l’ouest de l’île, on ne laisserait jamais un tel projet voir le jour. La taille du projet est problématique. On devrait privilégier la qualité de vie plutôt que les intérêts économiques du promoteur dans ce dossier. Un projet de moindre envergure serait plus approprié », croit pour sa part une autre intervenante.
Travaux de décontamination
D’autres citoyens sont très critiques envers la SHDM, qu'ils accusent de manquer de transparence dans ce dossier.
« Les travaux de décontamination du site ont déjà débuté et nous n’en avons jamais été informés. Ce fut la surprise totale que de voir débarquer des grues à proximité de nos résidences », déplorent-ils.
« Des lettres auraient été envoyées à certains résidents, mais nous ne les avons jamais reçues, ajoutent-ils. Si c’est leur méthode de travail, à quoi pouvons-nous nous attendre de leur part dans le futur ? »
« Les employés du promoteur ont arraché de nombreux arbres. On nous a dit qu’ils ne s’agissaient que d’arbustes ou d’arbres morts. C’est faux, certains dataient de plusieurs années et je me questionne sur la nécessité de cette opération. Que le terrain soit contaminé, c’est une chose, mais que l’on doive tout saccager en est une autre », indique une citoyenne membre du Comité pour le respect de l'environnement et du citoyen d'Anjou qui préfère garder l'anonymat.
La SHDM, par l'entremise d'un porte-parole de la firme qu'elle a mandaté, GGBB, a reconnu les ratés de son processus d’information et a promis que cela ne se répèterait pas. Quant aux arbres coupés, l’opération était apparemment inévitable et le projet du site Contrecoeur accordera une place prépondérante à la verdure et aux espaces verts.