Roger Moreau et Brigitte Paradis, bénévoles à la popote roulante de Résolidaire, s'apprêtent à charger dans le véhicule les sacs isothermes qui contiennent une vingtaine de repas chauds à livrer.
(Photo: Régent Gosselin)
Les bénévoles des popotes roulantes mettent les bouchées doubles
La 2e édition de la semaine québécoise des popotes roulantes se déroule du 18 au 24 mars sur le thème «Du cœur au ventre depuis plus de 40 ans!». Et il en faut pour assurer ce service qui repose bien souvent sur les épaules de bénévoles parfois plus âgés que leurs clients et qui font face à des cas de plus en plus lourds.
Chaque semaine, les 11 bénévoles de la popote roulante de Résolidaire livrent près de 250 repas à une cinquantaine d'aînés en perte d'autonomie du quartier Hochelaga-Maisonneuve. C'est l'assurance, pour des personnes souvent isolées et trop mal en point pour cuisiner, d'avoir au moins un repas chaud équilibré dans la journée, et surtout quelqu'un qui sonne à la porte.
L'organisme, qui a pignon sur la rue Sainte-Catherine Est, offre le service de popote roulante aux aînés et aux personnes en perte d’autonomie depuis 1984. Pour la première fois, cette année, André Guérard risque de devoir ouvrir une liste d'attente, une perspective qui ne l'enchante guère. «Comment voulez-vous demander à quelqu'un de patienter pour un service dont il a vraiment besoin ? Cela crève le cœur», confie le directeur de Résolidaire.
Augmentation de 38 %
Depuis l'automne dernier, les demandes ne cessent d'augmenter à la popote roulante. À la mi-mars, l'organisme enregistrait une augmentation des besoins de 38 % comparé à la même époque l'année dernière. Un phénomène que le directeur attribue au vieillissement de la population, mais aussi à la progression du maintien à domicile.
«Les cas sont de plus en plus lourds et suscitent beaucoup plus d'investissement de la part de nos bénévoles. Il faut, par exemple, appeler régulièrement les personnes pour vérifier qu'elles n'ont pas oublié de commander leurs repas, car plusieurs d'entre elles ne sont pas suffisamment autonomes pour gérer cet aspect», signale le directeur.
Pour répondre à la demande, l'organisme songe à mettre sur pied une troisième tournée quotidienne. Pour cela, il faudrait recruter d'autres bénévoles, l'organisme fonctionnant avec seulement trois employés salariés. Un défi alors que la relève se fait rare. «Nos bénévoles aussi vieillissent ! La plus âgée a 80 ans et elle fait trois tournées de 25 portes par semaine!», déclare M. Guérard
Un rôle essentiel
Quand les intempéries s'en mêlent et qu'il faut franchir les bans de neige les bras chargés d'encombrants plateaux, le circuit effectué deux fois par jour par l'équipe composée d'un chauffeur et d'un baladeur n'a rien d'une promenade de santé. Pourtant, les bénévoles le font avec enthousiasme. C'est que leur rôle auprès des personnes qu'ils visitent est essentiel. Souvent, cela permet de faire la différence entre pouvoir continuer à rester chez soi et devoir déménager dans un centre d'hébergement ou une résidence pour aînés.
Les bénévoles sont aussi le lien indispensable entre la personne visitée et les services de santé. «Quand on voit les plats s'accumuler sur les tablettes du réfrigérateur, on sait que quelque chose ne tourne pas rond. On peut alors en référer au médecin ou au CLSC», indique M. Guérard. De même, si la personne ne répond pas à la porte, l'organisme contacte immédiatement la famille ou la ressource désignée pour signaler l'incident.
Le regroupement des popotes roulantes du Québec estime à près de 300 le nombre de groupes qui offrent ce service sur le territoire, permettant ainsi à des personnes en perte d’autonomie temporaire ou permanente de manger un repas chaud complet le midi, à un coût modique. En 2004 seulement, 16 200 bénévoles ont livré plus d’un million cent mille repas à travers la province.
Pour de plus amples informations, contacter Résolidaire au 514 598-9670.
(Photo: Régent Gosselin)