BATHURST - Le député néo-démocrate acadien Yvon Godin qualifie le premier ministre Stephen Harper de "dictateur" pour sa façon de gérer la crise politique actuelle à Ottawa.
Le député d'Acadie-Bathurst a déploré, samedi, que le gouvernement conservateur ne veuille pas s'asseoir avec les partis d'opposition pour tenter de résoudre la crise. Selon Yvon Godin, Stephen Harper a démontré toute son arrogance, vendredi, en reportant d'une semaine le vote de confiance qui devait avoir lieu lundi, et qui menaçait de faire tomber son gouvernement.
"Ca démontre l'arrogance de M. Harper. C'est extraordinaire de retirer la journée d'opposition au Parlement et de décider de la déplacer au 8 décembre prochain", a-t-il lancé, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.
"Plutôt que de se présenter devant la presse et les Canadiens et Canadiennes pour faire sa déclaration, il aurait pu faire un coup de téléphone à toute l'opposition pour s'excuser de ne pas s'être assis avec nous. Mais il ne l'a pas fait. Il veut toujours agir comme un dictateur", a-t-il reproché.
M. Godin estime que le premier ministre est en panique, ayant mal évalué l'ampleur de ses décisions et la réaction des partis d'opposition face à l'énoncé économique du ministre des Finances, Jim Flaherty.
"Dans les autres pays, ils sont en train de s'occuper d'économie et du sort de leur propre pays, tandis que lui, M. Harper, il a décidé de taper sur l'opposition et les syndicats, en faisant des lois pour interdire les droits de grève des fonctionnaires jusqu'en 2011. Mais en ce qui concerne l'économie, il n'y a absolument rien de prévu au Canada avant février", a-t-il dénoncé.
Alors que le sort du gouvernement de M. Harper demeure de plus en plus incertain, Yvon Godin a confirmé que les néo-démocrates et les libéraux poursuivent leurs pourparlers ce week-end dans le but de s'entendre sur un possible gouvernement de coalition, dans l'éventualité où les conservateurs seraient défaits lors du vote de confiance du 8 décembre.
Pour sa part, le ministre des Travaux publics du gouvernement Harper, Christian Paradis, a réagi aux propos de M. Godin, affirmant que ce sont là des insultes déplorables envers le premier ministre.
"Je pense que c'est pousser l'audace à l'extrême", a dénoncé le lieutenant de Stephen Harper au Québec.
"On voit que l'opposition parle de créer une coalition surprise, avec un chef surprise, pour s'accaparer du pouvoir. Alors que nous, nous avons été élus pour gérer l'économie", a-t-il ajouté.
M. Paradis croit que le débat devrait être ramené à la gestion de l'économie, loin des chicanes partisanes et des jeux de coulisses dont font preuve, selon lui, les partis qui forment l'opposition.
Le député conservateur a reproché à l'opposition de ne pas avoir démontré une réelle volonté de négocier avec le gouvernement et de discuter d'économie, mais de s'être plutôt concentrée sur une éventuelle prise du pouvoir.
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