OTTAWA - Les pauvres sont plus susceptibles que les riches d'être hospitalisés pour un éventail de problèmes de santé comme les troubles anxieux et les crises d'asthmes qui peuvent souvent être traitées en clinique externe, si l'on en croit une nouvelle étude de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).
L'enquête rendue publique lundi à Ottawa révèle ainsi les personnes de statut socioéconomique plus faible sont deux fois plus susceptibles d'être hospitalisées une affection chronique comme le diabète et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).
Les personnes moins favorisées sont en outre hospitalisées 2,3 fois plus souvent que les gens aisés pour une maladie mentale et 3,4 fois plus pour un problème d'abus de drogue ou d'alcool.
L'écart entre le taux d'hospitalisation des riches et celui des pauvres est toutefois légèrement plus faible à Montréal, Québec et Ottawa-Gatineau que dans la plupart des autres grandes villes du pays.
Dans la Belle Province, le taux d'hospitalisation pour des blessures chez les enfants et des chutes accidentelles est presque identique pour les riches que pour les pauvres.
L'ICIS n'a pas fourni d'explication sur cette différence statistiquement significative. A la lecture du document, on comprend qu'elle découle peut-être d'une meilleure accessibilité des services ambulatoires ou d'autres programmes ciblant les populations à risque.
L'enquête de l'Institut ne contient pas de grandes surprises, puisque des études précédentes avaient déjà mis en lumière les liens entre le statut socio-économique d'une personne et son état de santé.
La recherche est néanmoins importante entre autres parce qu'elle permet de voir comment améliorer la santé des personnes les moins favorisées et aussi comment réduire les coûts de l'assurance maladie. Un séjour à l'hôpital est en effet toujours beaucoup plus coûteux qu'un traitement externe.
"C'est en sachant où résident les écarts les plus importants que nous pourrons, en tant que professionnels de première ligne, nous attaquer aux raisons sous-jacentes de ces écarts", a fait valoir le président du conseil d'administration de l'Initiative sur la santé des populations canadiennes, le docteur Cordell Neudorf.
Pour le vice-président de l'Alliance pour la prévention des maladies chroniques au Canada, Paul Lapierre, cela est d'autant plus essentiel dans le contexte actuel. "L'économie aura des conséquences pour les plus vulnérables", a-t-il insisté, dans un communiqué.
Pour tirer leurs conclusions, les chercheurs de l'ICIS ont comparé fait le lien une vingtaine d'indicateurs du statut d'une population et son taux d'hospitalisation pour divers problèmes. L'enquête couvre les 15 régions métropolitaines de recensement du pays, qui abritent les deux tiers des Canadiens.
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