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Le Flambeau
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Marois et Dumont recommencent à parler de questions strictement québécoises

Presse Canadienne Article mis en ligne le 14 novembre 2008 à 1:00
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Marois et Dumont recommencent à parler de questions strictement québécoises
Le chef libéral Jean Charest salue un ingénieur à Sept-Iles. LA PRESSE CANADIENNE /Ryan Remiorz
MONTREAL - Les chefs du Parti québécois et de l'Action démocratique, Pauline Marois et Mario Dumont, ont recommencé à parler de questions qui touchent la campagne électorale québécoise, jeudi, pendant que le libéral Jean Charest tentait une fois de plus de tourner à son avantage la crise politique à Ottawa.
Après plusieurs jours sans la moindre annonce pour le Québec, en raison de la tempête qui secoue la Chambre des communes à Ottawa, Mme Marois a ramené l'attention sur un enjeu qui touche les Québécois dans leur vie quotidienne en s'engageant à ne pas augmenter les tarifs d'électricité tant que durera la crise économique.
M. Dumont a pour sa part abordé l'un de ses sujets de prédilection, la santé, accusant les libéraux de politiser l'accès aux soins.
Lors d'une entrevue radiophonique à Montréal, Mme Marois a affirmé que dans le contexte économique actuel, le gouvernement doit soulager les familles pour les aider à tenir le coup.
Elle n'a pas précisé pendant combien de temps les tarifs d'électricité pourraient être gelés à leur niveau actuel, indiquant toutefois qu'elle ferait en sorte qu'Hydro-Québec présente une politique tarifaire sur une période de quatre ans pour éviter des augmentations répétées et imprévisibles.
"Ce qui est agaçant avec Hydro, c'est qu'ils déposent leurs demandes au compte-gouttes. C'est l'imprévisibilité qui n'a aucun sens", a-t-elle expliqué.
Plus tard en journée, à Saint-Jean-sur-Richelieu, elle en a rajouté, affirmant que l'ensemble des tarifs ne devraient pas augmenter pendant cette période trouble.
"La plus mauvaise décision qu'on peut prendre en période de crise, c'est d'augmenter les taxes ou augmenter les tarifs. Au contraire, il faut essayer de donner un peu d'air aux consommateurs pour qu'ils retrouvent confiance et les moyens de faire des dépenses", a dit Mme Marois.
Hydro-Québec a récemment demandé à la Régie de l'énergie de lui autoriser une nouvelle hausse de tarifs de 2,2 pour cent pour le 1er avril 2009. Questionné à ce sujet, Jean Charest a affirmé cette semaine qu'il n'avait aucune intention d'intervenir pour empêcher cette augmentation.
Depuis 2004, la Régie a accordé des hausses de tarifs d'électricité totalisant près de 20 pour cent.
Quant à M. Dumont, il a dénoncé des propos qu'a tenus l'actuel ministre de la Santé, Yves Bolduc, et qui laisseraient entendre que le projet d'agrandissement de l'hôpital de Ville-Marie, en Abitibi-Témiscamingue, aurait de meilleures chances de se réaliser si le candidat libéral est élu. La circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue est actuellement représentée par la députée péquiste Johanne Morasse.
"Maurice Duplessis faisait ça, il disait: 'si vous votez du bon bord, vous allez avoir des routes', a lancé M. Dumont lors d'un point de presse dans un local électoral. Mais ce n'était rien comparé à dire aux gens: 'si vous votez du bon bord, vous allez avoir des meilleurs soins de santé'."
Lors d'un passage dans la circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, M. Bolduc a affirmé que si le candidat libéral Daniel Bernard est élu, les discussions sur ce projet de 20 millions $ avanceront plus vite.
"En santé, on ne fait pas de partisanerie, c'est-à-dire qu'on essaie quand même de favoriser les dossiers, a dit mardi M. Bolduc. Mais quand vous avez un collègue qui vient vous voir et qui travaille sur son dossier, c'est toujours plus rapide et plus facile."
M. Bolduc a indiqué que "dans cette perspective", si M. Bernard est élu, "ça va nous aider à faire avancer les dossiers de santé pour toute la région de Ville-Marie".
M. Charest, qui faisait campagne dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a accusé sa principale adversaire, Pauline Marois, de vouloir plonger le Québec dans une crise politique comme celle qui paralyse le Parlement fédéral.
Le chef libéral accuse sa vis-à-vis du Parti québécois de caresser le projet d'une coalition avec l'Action démocratique pour prendre le pouvoir à Québec, ce que nie catégoriquement Mme Marois.
Jean Charest en vient cependant à cette conclusion à la lecture d'une entrevue accordée la veille par la chef péquiste au Journal de Québec, au cours de laquelle elle a évoqué une alliance "possible" avec la formation de Mario Dumont.
"Qui aurait spéculé avant les événements de cette semaine qu'il puisse y avoir une coalition avec M. Dion, en fait, avec le Parti libéral, le NPD et le Bloc?", avait affirmé Mme Marois lors de cette entrevue éditoriale.
Il n'en fallait pas davantage pour que Jean Charest saisisse la balle au bond et prête à son adversaire du Parti québécois des intentions. Il s'est acharné à enfoncer le même clou pendant toute la journée de jeudi.
"Lorsqu'elle dit qu'elle est prête à faire alliance avec l'ADQ pour renverser le gouvernement du Québec, elle propose de reproduire à Québec la crise qui se déroule à Ottawa. C'est irresponsable", a martelé M. Charest, devant le Cercle de presse du Saguenay, dans l'arrondissement de Chicoutimi.
Pauline Marois a vite senti la soupe chaude et s'est empressée, en point de presse, de dissiper les doutes soulevés par ses propos de la veille.
"Au-delà d'ententes tout à fait spécifiques, conjoncturelles, il n'est absolument pas question de coalition avec l'ADQ", a-t-elle insisté, citant à titre d'exemple la possibilité d'une alliance ponctuelle avec l'ADQ en faveur du rapatriement de pouvoirs en matière de culture et de communication. Il ne s'agirait que d'alliances à la portée limitée qui ne menaceraient pas le pouvoir en place.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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