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Les partis d'opposition aux Communes signent un accord de coalition

Presse Canadienne Article mis en ligne le 1 décembre 2008 à 0:00
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Les partis d'opposition aux Communes signent un accord de coalition
Le Nouveau Parti démocratique Jack Layton. LA PRESSE CANADIENNE /Tom Hanson
OTTAWA - Les partis d'opposition à la Chambre des communes ont formalisé, lundi, la création de la coalition dont ils discutent depuis la semaine dernière et ont demandé à la gouverneure générale, Michaëlle Jean, de leur confier les commandes de l'Etat "à la première occasion".
Leur souhait pourrait être réalisé dès la semaine prochaine, puisque deux votes de confiance sont prévus pour le lundi 8 décembre.
On s'attend à ce que les conservateurs soient défaits à cette occasion, à moins que le premier ministre Stephen Harper ne tente de couper court aux travaux parlementaires.
L'alliance signée au Parlement par les chefs Stéphane Dion, Jack Layton et Gilles Duceppe prévoit la formation d'un conseil des ministres de 24 personnes, dont 18 libéraux et six néo-démocrates.
Le Bloc québécois ne ferait pas partie du gouvernement de coalition mais serait obligatoirement consulté pour les questions d'importance comme le budget.
Le parti souverainiste détiendra la balance du pouvoir puisque le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral ne disposent pas de suffisamment de sièges pour imposer leur volonté à la Chambre des communes.
Après beaucoup d'efforts, Stéphane Dion a finalement réussi à rallier ses troupes derrière lui. Si la gouverneure générale accède à sa requête, il deviendra donc premier ministre jusqu'à ce que son parti lui choisisse un successeur, en mai prochain.
"Le seul chef qui peut nous mener dans ce contexte, c'est le chef élu du Parti libéral du Canada, M. Stéphane Dion", a lancé son principal rival lors de la course en 2006, Michael Ignatieff.
Il est en outre d'ores et déjà acquis que le poste névralgique de ministre des Finances reviendrait à un député du PLC, probablement Ralph Goodale ou John McCallum.
D'après Stéphane Dion, la coalition est non seulement légale, mais elle est légitime, puisqu'elle compte une majorité de députés, représentant plus de la moitié des électeurs canadiens.
L'accord doit normalement être en vigueur jusqu'au 30 juin 2011. Pour sa part, le Bloc ne s'est engagé que jusqu'en 2010, soit "pour la période de crise et de sortie de crise".
Gilles Duceppe a expliqué que son parti s'abstiendrait de soumettre le gouvernement à des questions de confiance et qu'il appuierait son discours du Trône.
Il a toutefois précisé que sa formation garderait les coudées franches sur les autres enjeux. "Nous aurons pleine liberté de voter de la même façon que nous le faisons depuis que nous sommes à Ottawa", a-t-il déclaré.
L'accord signé par l'opposition prévoit par ailleurs un plan de relance économique qui serait mis en oeuvre "rapidement".
Un représentant libéral a déclaré que l'Etat canadien pourrait injecter jusqu'à 30 milliards $ dans l'économie, pour aider les entreprises des secteurs fragiles à traverser la tempête sans trop de dommages. Aucun des chefs n'a toutefois voulu confirmer cette somme.
Jack Layton, que les conservateurs dépeignent depuis des semaines comme un "socialiste" rêvant de mettre le Canada en faillite a cependant insisté pour dire qu'un éventuel gouvernement de coalition serait "prudent", "stable" et "responsable".
La crise sans précédent qui secoue actuellement Ottawa a été provoquée par le dépôt, jeudi dernier, par le ministre des Finances d'un énoncé économique ne prévoyant aucune mesure d'aide aux industries en crise.
Cette mise à jour promettait toutefois de sabrer dans les subventions aux partis politiques et de priver les fonctionnaires de leur droit de grève pendant deux ans.
Ces dispositions ont littéralement enragé l'opposition, qui a immédiatement commencé à discuter d'une alliance.
Les conservateurs ont fait quelques concessions au cours de la fin de semaine dans l'espoir d'éviter de perdre le pouvoir, qu'ils ont acquis de haute lutte il y a sept semaines à peine.
Cette stratégie n'a toutefois pas donné les résultats escomptés. D'après Gilles Duceppe, désormais "rien ne pourra réparer le lien de confiance que Stephen Harper a brisé".
Poussé dans ses derniers retranchements, le premier ministre pourrait tenter de sauver sa peau en demandant à la gouverneure générale de proroger le Parlement jusqu'au début de 2009, à l'aube du dépôt d'un budget.
Les ministres Jim Prentice (Environnement) et James Moore (Patrimoine) ont indiqué que leur patron évaluerait "toutes les possibilités" et qu'on en saurait plus sur ses intentions au cours des prochains jours.
En attendant, les conservateurs se sont contentés de discréditer leurs adversaires "libéraux, socialistes et séparatistes" et de qualifier leur comportement "d'irresponsable".
Dans le contexte actuel, rien ne garantit que Michaëlle Jean accepterait de mettre fin à la session parlementaire, qui vient à peine de s'amorcer.
Selon Bob Rae, une prorogation serait clairement illégitime et ne ferait que repousser l'inéluctable.
La gouverneure générale pourrait refuser la demande de l'opposition et dissoudre le Parlement, déclenchant ainsi une nouvelle campagne électorale.
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